Un cessez-le-feu définitif en Colombie doit être annoncé jeudi

Colombie: accord historique sur un cessez-le-feu définitif

Photo: Keystone

Le gouvernement colombien et la guérilla des FARC ont annoncé mercredi avoir conclu un accord historique sur un cessez-le-feu définitif. Il ouvre la voie à la signature prochaine d'un accord de paix après plus d'un demi-siècle de conflit.

'Nous sommes parvenus à un accord pour un cessez-le-feu et une cessation des hostilités bilatérale et définitive', a indiqué un communiqué commun publié par les négociateurs des deux camps. La date d'entrée en vigueur n'est en revanche pas précisée.

L'accord sur ce point épineux des pourparlers de paix menés depuis fin 2012 à Cuba porte également sur 'l'abandon des armes, des garanties de sécurité (pour la rébellion) et la lutte contre les organisations criminelles', explique le texte.

Annonce officielle jeudi

Le détail de ces accords 'sera annoncé demain' jeudi en présence du président colombien Juan Manuel Santos, du chef suprême des FARC Timoleon Jimenez (dit Timochenko) ainsi que du président cubain Raul Castro et du ministre norvégien des Affaires étrangères Borge Brende, représentants des pays médiateurs, indique encore le communiqué.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et les présidents des pays accompagnateurs Nicolas Maduro (Venezuela) et Michelle Bachelet (Chili) feront aussi le déplacement.

Cet accord sans précédent marque une avancée décisive vers la conclusion de la paix entre le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes), plus importante rébellion du pays, après plus d'un demi-siècle de conflit.

Pour Jorge Restrepo, directeur du Centre d'études, de recherches et d'analyse du conflit (Cerac), cette annonce est 'historique' car désormais la 'violence organisée ne servira plus comme mode d'opposition à l'Etat'. 'Cela signifie la fin du conflit le plus long et sanglant (des Amériques) et une nouvelle opportunité pour parier sur la démocratie', a salué de son côté Angelika Rettberg, directrice de la maîtrise de Construction de la Paix à l'Université des Andes à Bogota.

Accélération et ultime effort

Ces derniers jours, les parties ont accéléré leurs négociations et le président colombien a demandé mardi à ses négociateurs un 'effort' pour parvenir à un cessez-le-feu définitif. Un 'pas fondamental' selon lui pour parvenir à la paix.

M. Santos a estimé que le dialogue de paix pourrait parvenir enfin à sa conclusion le 20 juillet - fête nationale en Colombie -, date à laquelle l'exécutif et la guérilla ont prévu de se réunir, à l'issue du cycle de négociations qui prendra fin le 6 juillet.

En vue de la démobilisation des FARC, les négociateurs devaient s'accorder sur la mise en place de zones de concentration de quelque 7000 rebelles, dont le désarmement se déroulera sous la surveillance des Nations unies. Depuis juillet 2015, la guérilla observe déjà un cessez-le-feu unilatéral, tandis que le gouvernement a suspendu les bombardements aériens à son encontre.

Vers un référendum?

Dans le cadre de leurs négociations, gouvernement et FARC ont signé plusieurs accords intermédiaires, notamment sur la lutte contre le trafic de drogue ou encore les réparations aux victimes. Les parties sont aussi récemment parvenues à s'entendre sur le cadre juridique de l'accord final de paix et sur l'abandon du recrutement de mineurs par la guérilla.

Le dernier point à l'agenda des négociations concerne le mécanisme d'approbation de l'accord. Le président Santos souhaite un référendum, tandis que les FARC, après avoir longtemps réclamé une Assemblée constituante, se sont récemment déclarées ouvertes à une consultation populaire.

L'an dernier, Juan Manuel Santos et Timoleon Jimenez s'étaient engagés à La Havane à signer un accord définitif de paix le 23 mars 2016, mais ils n'avaient pas réussi à tenir ce délai ni à promettre une autre date. Le gouvernement et la seconde rébellion du pays, l'ELN (environ 1.00 combattants), viennent par ailleurs d'annoncer l'ouverture prochaine de pourparlers de paix.

Ces processus menés avec ces deux guérillas d'extrême gauche fondées en 1964 pourraient permettre de tourner définitivement la page du plus vieux conflit armé d'Amérique latine. Il a officiellement fait 260'000 morts, 45'000 disparus et 6,6 millions de déplacés depuis plus d'un demi-siècle.

/ATS
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