Un sondage prévoit une avance du « oui » au référendum grec

Les deux camps manifestent alors que le oui monte

Photo: Keystone

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a tenté vendredi de galvaniser une dernière fois ses compatriotes, les appelant à dire non pour 'vivre avec dignité en Europe' alors que le oui progresse. Jugé conforme, le référendum aura lieu dimanche.

Le Premier ministre a rejoint le rassemblement des partisans du non en début de soirée, fendant la foule de plus de 25'000 personnes amassée devant le Parlement à Athènes. 'Nous fêtons la victoire de la démocratie, la Grèce envoie un message de dignité, personne n'a le droit de menacer de diviser l'Europe', a-t-il lancé sous les acclamations. Des incidents ont éclaté en marge de cette manifestation en faveur du non.

Au même moment, plus de 22'000 partisans du oui se rassemblaient également à Athènes, reprenant des slogans en faveur de l'Europe. 'Le oui va donner un meilleur avenir à nos enfants', a assuré de la tribune, ému, le présentateur vedette Nikos Aliagas.

Oui donné à plus de 40 %

Pour la première fois, un sondage (de l'institut Alco) donnait vendredi l'avantage au oui, crédité de 44,8 % des voix, le non recueillant 43,4 %.

Au total, un autre sondage montre toutefois que l'écart est serré avec 43 % pour le non, contre 42,5 % pour le oui.

Avec une victoire du non, Alexis Tsipras se voyait 'mieux armé' pour repartir à la table des négociations avec les créanciers (UE, BCE, FMI), qui d'ailleurs, selon le ministre des Finances Yanis Varoufakis, ont continué en coulisses cette semaine, avec 'un accord plus ou moins scellé'.

Electeurs attachés à l'euro

Mais l'établissement forcé d'un contrôle du crédit pour faire face à un début de panique bancaire et les discours des créanciers ont convaincu les Grecs que l'enjeu était bien, comme les créanciers le disent, la sortie de l'euro. Selon Alco, 74 % d'entre eux sont attachés à cette devise, contre 15 % qui veulent revenir à la monnaie nationale.

'Si les Grecs votent non, la position grecque sera considérablement affaiblie', a à nouveau mis en garde le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Le président du Conseil européen Donald Tusk a lui relativisé, conseillant d'éviter les 'messages dramatiques'.

Dans l'après-midi, le Conseil d'Etat, plus haute autorité administrative grecque, a débouté un recours contre le référendum.

Appel récent par le FMI

M. Tsipras a fait une courte intervention à la télévision pour réclamer une baisse de 30 % du montant de la dette grecque et 'un délai de grâce' de 20 ans pour son remboursement.

Il s'appuie sur un allié de poids, le Fonds monétaire international (FMI) lui-même, qui a jeudi justement publié un rapport explosif appelant les Européens à de gros efforts sur la dette grecque (176 % du PIB), dont ceux-ci ne veulent pour l'instant pas entendre parler.

/ATS
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