Une otage française retenue au Yémen a été libérée

L'ex-otage française Isabelle Prime est arrivée dans son pays

Photo: Keystone

La Française Isabelle Prime, enlevée au Yémen fin février, a été libérée dans la nuit de jeudi à vendredi. La jeune femme de 30 ans est arrivée en France vendredi soir, accueillie par ses proches et le président de la République François Hollande.

Souriante malgré la fatigue et les sept heures de vol, vêtue d'un pantalon de sport gris, gilet blanc et t-shirt bleu, portant casquette et lunettes de soleil, elle s'est d'abord entretenue quelques instants avec le président français ainsi que le chef de la diplomatie Laurent Fabius, avant de rejoindre ses proches. 'La France a déployé tous ses efforts pour parvenir à ce dénouement heureux', a écrit l'Elysée dans un communiqué. Le texte ne dit rien de plus sur les circonstances de cette libération.

Le président de la République 'exprime toute sa gratitude à tous ceux qui ont oeuvré à cette solution, et notamment au Sultan Qaboos Ibn Saïd, Sultan d'Oman'. François Hollande 'partage la joie de la famille d'Isabelle qui a su faire preuve de beaucoup de courage et d'une grande responsabilité au cours de cette longue attente', selon la même source.

Isabelle Prime, âgée de 30 ans, avait été enlevée par des hommes déguisés en policiers en même temps que son interprète à Sanaa, la capitale du Yémen, le 24 février dernier alors qu'elle se rendait à son travail. Arrivée en 2013 dans le pays, elle travaillait pour la société Ayala Consulting, basée aux Etats-Unis et spécialisée dans la conception de programmes de protection sociale.

Vidéo diffusée en mai

Sa libération avait été annoncée une première fois en mars de source tribale yéménite, mais finalement, seule son interprète, Cherine Makaoui, avait été libérée à Aden, dans le sud du pays.

La Française était apparue dans une vidéo de 21 secondes mise en ligne le 4 mai dernier et qui avait été adressée au quotidien Ouest-France. La vidéo avait été authentifiée par Paris. On y voyait la jeune femme, vêtue de noir, à genoux et le visage fatigué s'adresser en anglais au chef de l'Etat français et au président yéménite Abd-Rabbou Mansour Hadi en exil en Arabie saoudite.

Elle y demandait aux deux chefs d'Etat de la faire libérer 'rapidement' et ajoutait avoir tenté 'plusieurs fois' de se suicider. Aucune information n'a filtré depuis sur l'identité des ravisseurs.

Un contexte de guerre

Les prises d'otages sont très fréquentes au Yémen où des centaines de personnes en ont fait l'expérience ces 15 dernières années. Presque toutes ont été libérées saines et sauves, la plupart du temps en échange de rançons, les otages étant souvent utilisés comme moyen de pression sur les autorités locales.

Mais cette fois, la détention de la Française s'est déroulée avec en toile de fond un conflit meurtrier qui a plongé le Yémen dans le chaos. Partis de leur fief au nord du pays, Saada, les miliciens chiites houthis ont lancé une offensive qui leur a permis de prendre la capitale Sanaa et de vastes secteurs du nord, du centre et de l'ouest en septembre dernier.

Une coalition de pays arabes sunnites emmenés par l'Arabie saoudite a lancé une campagne de frappes aériennes sur le pays le 26 mars dernier pour aider les forces loyales au président Abd-Rabbou Mansour Hadi à reconquérir le pouvoir. Le conflit a fait près de 4000 morts et contraint quelque 100'000 personnes à quitter le pays, selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

/ATS
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