Urgence pour des centaines de personnes dans l'« horrible » Madaya

Urgence pour des centaines de personnes dans l'

Photo: Keystone

De 300 à 400 personnes à Madaya ont besoin d'un traitement d'urgence. 'La situation est horrible', a affirmé mardi le représentant du HCR en Syrie, Sajjad Malik, qui était dans le convoi d'aide humanitaire qui a atteint lundi la ville assiégée.

Aucune aide n'avait pu entrer depuis octobre dernier. Les civils à évacuer 'sont en grand danger de mort' et souffrent de malnutrition ou 'd'autres problèmes médicaux', a précisé le patron des opérations humanitaires des Nations unies, Stephen O'Brien.

Interrogé sur l'évacuation ou non des centaines de personnes qui nécessitent une attention médicale spéciale, le représentant du Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) a lui indiqué que les camions étaient 'rentrés à vide'. Deux autres convois doivent suivre dans les prochains jours pour une assistance qui doit permettre aux gens de tenir 'un à deux mois'.

Celui de lundi totalisait 68 camions, dont 47 pour Madaya où quelque 40'000 personnes sont menacées de famine et 21 pour Al Foua et Kefraya où quelque 20'000 personnes sont touchées. Madaya est tenue par les rebelles et assiégée par le régime, alors que les deux autres sont encerclées par les opposants.

Parmi le chargement figuraient de la nourriture, notamment des biscuits hyperprotéinés, mais aussi 7,8 tonnes de médicaments et de matériel médical pour Madaya, 3,9 tonnes pour les autres sites.

Aide pour quelque 15'000 enfants

Il a fallu quatre heures de négociations pour que les quatre premiers camions et quatre véhicules du dispositif de l'ONU, du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et du Croissant rouge syrien (SARC) puissent entrer.

Les interlocuteurs souhaitaient s'assurer que la quantité et le type d'assistance étaient les mêmes pour Madaya que pour Al Foua et Kefraya. L'acheminement et le déchargement de l'aide se sont achevés mardi à 04h00.

Sur place, 'il y a des gens, mais pas de vie', a déclaré à la presse à l'ONU à Genève M. Malik, en liaison depuis Damas. Tout en évoquant des informations sur des victimes, il n'a pas pu confirmer le bilan de 28 civils décédés de faim depuis décembre selon Médecins Sans Frontières (MSF).

La situation est 'sans comparaison' avec celle qui a pu être constatée ailleurs dans le pays. Un spécialiste nutrition du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a évoqué 'la scène la plus terrible qu'il ait jamais vue', selon un porte-parole. L'aide de l'UNICEF est prévue pour 15'000 enfants dans les trois sites atteints par les convois.

Voiture pour des kilos de riz

La plupart des habitants bloqués n'avaient plus de pain, de fruit ou de légumes depuis des mois. Un kilo de riz vaut actuellement 300 dollars sur place, selon M. Malik. Plusieurs personnes ont indiqué avoir vendu une moto pour 5 kilos de riz ou une voiture pour 3 kilos.

Certains enfants, qui constituent au total la moitié des habitants de Madaya, vont chercher de l'herbe pour se nourrir. Mais ils s'exposent alors aux mines antipersonnel qui entourent la ville. Les soupes à base de feuilles servent de repas le plus souvent.

Sur le front médical, seuls 3 docteurs se trouvent à Madaya, dont une gynécologue qui pratique depuis un an seulement, a indiqué un porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Un hôpital a dû être déplacé pour des raisons de sécurité. Mais aucun lit ni aucun traitement ne sont disponibles. L'OMS veut apporter des cliniques mobiles.

Discussion prévue à Genève

Au total, quelque 400'000 personnes vivent en état de siège en Syrie et 4,5 millions sont difficiles à atteindre.

Sur le volet politique, l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura 'travaille dur pour mettre les parties autour de la table de négociations le 25 janvier à Genève, a indiqué le directeur de l'information ad interim de l'ONU à Genève, Ahmad Fawzi. Lundi, l'opposition avait indiqué qu'elle ne pourrait participer aux discussions tant que les bombardements étrangers se poursuivent en Syrie.

Les forces du régime ont pénétré mardi dans un bastion rebelle dans le nord-ouest du pays proche de la frontière avec la Turquie.

/ATS
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