Vingt morts dans les attentats près d'un mausolée chiite en Syrie

L'EI frappe près d'un lieu saint chiite dans le sud de Damas

Photo: Keystone

L'Etat islamique (EI) a revendiqué un double attentat qui a fait entre huit et 20 morts samedi près d'un mausolée chiite dans le sud de Damas. Le groupe djihadiste montre ainsi sa capacité de frappe malgré ses revers et les offensives dont il est la cible.

L'attaque s'est produite près du mausolée de Zeïnab, petite-fille du prophète Mahomet et fille d'Ali, le premier imam chiite. Le lieu est très fréquenté par le Hezbollah libanais et les volontaires chiites irakiens ou afghans engagés aux côtés des forces gouvernementales.

Le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, a parlé de vingt tués - treize civils et sept miliciens progouvernementaux - et 'plus de trente blessés'. Il affirme toutefois que le bilan va probablement s'alourdir en raison du grand nombre de blessés graves.

Miliciens prorégime visés

La télévision publique syrienne a de son côté fait état de huit morts et l'agence officielle d'au moins douze morts. L'agence a précisé qu'un kamikaze avait fait sauter sa ceinture d'explosifs dans une rue de cette banlieue de Damas et un autre avait fait exploser une voiture piégée à l'entrée du sanctuaire. Selon M. Abdel Rahmane, ce dernier visait 'un barrage de miliciens prorégime'.

L'EI a revendiqué les attentats. 'Trois opérations martyrs, deux au moyen d'une ceinture d'explosifs et une troisième au moyen d'une voiture piégée, ont été menées par les combattants de l'EI', a affirmé l'agence Aamaq, liée à l'organisation ultraradicale sunnite.

Le dernier attentat à Sayeda Zeinab remonte au 25 avril, quand l'EI a revendiqué une attaque à la voiture piégée qui a fait au moins sept morts. Le 21 février, un double attentat suicide perpétré à 400 mètres du mausolée a fait 134 morts, dont 97 civils, selon l'OSDH. Et fin janvier, au moins 70 personnes avaient été tuées près de ce sanctuaire.

Le mausolée serait le lieu où Sayeda Zeinab a vécu après avoir été capturée par les armées du calife omeyyade Yazid à la suite de l'exécution de ses frères Hussein et Hassan à Kerbala (Irak), que les chiites considèrent comme l'événement le plus tragique de leur histoire.

Civils pris au piège à Minbej

Dans le nord du pays, des dizaines de milliers de civils étaient pris au piège samedi à Minbej, un fief de l'EI totalement encerclé par les Forces démocratiques syriennes (FDS) - une alliance de combattants arabes et kurdes soutenue par les frappes américaines.

'Les avions de la coalition internationale bombardent en permanence Minbej et les dizaines de milliers de civils qui s'y trouvent encore ne peuvent pas sortir car toutes les routes autour de la ville ont été coupées', a affirmé Rami Abdel Rahmane. Selon ses sources dans la ville, la population vit 'dans la terreur des bombardements'.

Des milliers d'habitants de Minbej avaient fui vers des régions plus sûres avant que le siège total de la ville. 'Les boulangeries ont cessé de fonctionner depuis vendredi et les produits alimentaires commencent à se faire rares', a ajouté M. Abdel Rahmane.

'Plaque tournante' de l'EI

La bataille pour reprendre Minbej, durant laquelle les FDS ont pris 79 villages, a fait au moins 218 morts, selon l'OSDH. Parmi les victimes figurent 37 civils, tués en majorité par les frappes de la coalition.

L'envoyé spécial de Barack Obama auprès de la coalition antijihadistes, Brett McGurk, a qualifié la cité de plaque tournante de l'EI vers l'Europe. Minbej 'est l'endroit par lequel les assaillants de Paris et les assaillants de Bruxelles ont transité'.

Avancée près de Raqa

Par ailleurs, dans la province de Raqa (nord), contrôlée en majorité par l'EI, les forces du régime sont désormais à moins de 15 km de l'aéroport militaire de Tabqa, dans le cadre de leur offensive lancée le 1er juin pour reprendre la ville, selon l'OSDH. Celui-ci se trouve à une cinquantaine de kilomètres de la ville de Raqa, capitale de facto du groupe djihadiste.

/ATS
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