Yémen: embargo sur les armes aux Houthis sommés de céder le pouvoir

Yémen: embargo sur les armes aux Houthis sommés de céder le pouvoir

Photo: Keystone

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté mardi une résolution qui somme les miliciens chiites houthis de se retirer des zones du Yémen qu'ils ont conquises, et qui leur impose des sanctions dont un embargo sur les armes. L'Iran détaillera lui un plan de paix mercredi.

Quatorze des 15 pays membres ont voté pour, la Russie s'abstenant. La résolution, mise au point par les pays du Golfe et parrainée notamment par la Jordanie, demande à 'toutes les parties' au conflit de négocier dans les plus brefs délais une 'cessation rapide' des hostilités. Mais elle n'impose pas à la coalition arabe qui combat les Houthis, soutenus par l'Iran, de suspendre les raids aériens qu'elle mène depuis près de trois semaines.

Après le vote, l'ambassadeur saoudien Abdallah al-Mouallimi a estimé devant la presse qu'il s'agissait 'd'un soutien sans équivoque à l'opération entreprise par les pays du Conseil de coopération du Golfe, à ses objectifs, son ampleur et ses méthodes'.

Tout au plus la résolution exhorte-t-elle les combattants à préserver la population civile et charge-t-elle le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon de 'redoubler d'efforts pour faciliter la livraison de l'aide humanitaire et l'évacuation (des civils), y compris par l'instauration de pauses humanitaires si nécessaire'.

Première décision concrète

L'ambassadeur du Yémen Khaled Hussein Mohammed Alyamany s'est félicité du 'message clair adressé aux Houthis'. Il a estimé que les miliciens chiites étaient 'les bienvenus s'ils veulent faire partie d'une solution' politique, mais a 'refusé l'ingérence de l'Iran dans les affaires intérieures' du Yémen.

Il s'agit de la première décision concrète du Conseil depuis le début de l'offensive anti-Houthis lancée par l'Arabie saoudite et ses alliés, dont la Jordanie, le 26 mars.

Le Conseil exige que les miliciens chiites cessent les hostilités 'immédiatement et sans conditions' et se retirent de tous les territoires qu'ils contrôlent, dont la capitale Sanaa.

Il impose un embargo sur les armes à destination des Houthis et de leurs alliés. Les Etats membres, en particulier dans la région, seront tenus d'inspecter les cargos soupçonnés de transporter des armes vers le Yémen.

Sanctions individuelles

Le Conseil frappe de sanctions individuelles (gel des avoirs et interdiction de voyage) le chef des miliciens chiites Abdel Malek al-Houthi et Ahmed Ali Abdallah Saleh, fils aîné de l'ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh.

Des diplomates du Conseil se montrent sceptiques sur de telles mesures. Ils rappellent que, selon des experts de l'ONU, le pays compte déjà plus de 40 millions d'armes de tous calibres et que les Houthis ne sont pas réputés pour voyager régulièrement, ni disposer d'importants comptes bancaires à l'étranger.

Embargo total souhaité par la Russie

La résolution était âprement négociée depuis une semaine avec la Russie, alliée de l'Iran qui soutient les Houthis. L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a souligné mardi que Moscou aurait préféré 'que l'embargo sur les armes soit total', c'est-à-dire concerne les deux camps et pas seulement les Houthis.

Il a aussi estimé que la résolution n'insistait pas assez sur l'urgence d'une trêve humanitaire.

Plan de paix iranien

Dans la proposition iranienne de paix présentée mardi à Madrid, le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a évoqué quatre grands points: cessez-le-feu, assistance humanitaire, ouverture d'un dialogue national entre les différentes communautés du pays et constitution d'un gouvernement représentatif élargi.

'Le problème doit être résolu par les Yéménites. L'Iran et l'Arabie saoudite doivent se parler mais nous ne pouvons discuter pour déterminer l'avenir du Yémen', a insisté le chef de la diplomatie iranienne.

Combats continus

Sur le terrain, une attaque-suicide et des combats ont fait au moins 25 morts, dont 21 rebelles, dans la province d'Abyane, dans le sud du Yémen, ont indiqué des sources militaires qui ont imputé l'attentat à Al-Qaïda.

Douze militaires alliés à la rébellion chiite des Houthis ont été tués dans une attaque-suicide contre leur position au nord de Loder.

/ATS
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