Le zoophile condamné à huit mois de prison avec sursis

Le verdict est tombé jeudi en fin de matinée au Tribunal de Porrentruy : le zoophile de Courroux a écopé de huit mois de prison avec sursis pendant cinq ans. Il a été reconnu coupable de mauvais traitement à des animaux, dommages à la propriété et possession de pornographie dure. Les faits – reconnus par le prévenu – ont été commis en juin 2011 et juin 2012. Le zoophile devra également suivre un traitement contre les problèmes d’alcool et un traitement psychologique, avec une assistance probatoire. Il a aussi reçu l’interdiction de s’approcher des écuries des deux plaignants. Le prévenu devra enfin s’acquitter des frais de justice, qui s’élèvent à 55'000 francs.

Déjà condamné

Ajourné la semaine passée en raison de l’absence de l’accusé pour maladie, le procès a donc pu se dérouler normalement ce jeudi. « Je constate la présence du prévenu, enfin ! », s’est exclamé d’entrée le juge Pascal Chappuis. Le zoophile a reconnu les faits qui lui étaient reprochés, après avoir pris connaissance du résultat des analyses ADN. « Je buvais beaucoup trop et j’étais sous médicaments. Je ne me souviens de rien», a déclaré le prévenu, déjà condamné en 2010 pour maltraitance sur des animaux. L’homme a de sa propre initiative cessé de suivre les traitements qui lui avaient pourtant été ordonnés. « Alors ça y est, vous êtes guéri ?», a demandé le juge. « Non », a répondu l’accusé.

Les arguments du prévenu n’ont pas convaincu le juge, qui lui a demandé quel regard il portait sur lui-même. « Je regrette mes actes », a dit l’accusé. « Vous avez l’air », a rétorqué Pascal Chappuis. Autre déclaration du prévenu : « On me regarde de travers dans la rue ». « Ca vous étonne ? », a répliqué le juge. Dans la salle, un plaignant a pris la parole : « Pour maîtriser comme ça une jument de 750 kilos et la déchirer pareillement, on ne peut pas être fin rond ». Et d’ajouter : « Ce n’est pas seulement de la zoophilie. C’est aussi de l’acharnement, de la brutalité pure et de la méchanceté. ». Les plaignants ont trouvé un arrangement au civil avec le prévenu, qui leur versera sous trente jours la somme de 2'000 francs à chacun.

« Des sévices cruels »

Dans son réquisitoire, la procureure Laurie Roth a décrit les scènes atroces commises contre deux juments. Elle a parlé de « sévices cruels, pour s’amuser ». Le Ministère public a requis six mois de prison ferme et le suivi de traitements. De son côté, la défense a appelé le Tribunal à « ne pas céder aux sirènes de la vengeance ». L’avocat Cédric Baume a mis en avant le parcours de vie chaotique du prévenu, qui s’est très vite retrouvé livré à lui-même. « Mon mandant aspire aujourd’hui à la paix et à la tranquillité ». La défense a plaidé pour une peine de 123 jours-amende avec sursis pendant deux ans.

Le juge Pascal Chappuis a finalement rendu son verdict de huit mois de prison avec sursis pendant cinq ans. « Une peine de prison ferme aurait été trop courte, surtout que le prévenu a déjà fait quatre mois de préventive ». Puis d’ajouter : « Les malades, on ne les met pas en prison, on les soigne. Le prévenu était conscient de ce qu’il faisait. Il l’a fait trois fois, pour « essayer » ! ». Le juge a accordé le sursis pour « surveiller » le zoophile, sommé de se tenir à carreau. « Nous l’aurons à l’œil ! ».

A noter que d’autres actes de violences sur des juments ont été dénoncés, notamment en novembre 2014 à Courroux. Aucune trace d’ADN n’a été trouvée sur le prévenu. L’homme n’est donc pas en cause à ce jour dans cette nouvelle affaire. La procédure est en cours. /rch

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