Manque de relève pour enseigner le patois jurassien

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Aujourd'hui, environ 25 écoliers suivent les cours de patois dans les Franches-Montagnes et en Ajoie

L’avenir du patois jurassien est-il en péril ? La question se pose après le départ, prévu en juin, des deux dernières personnes qui enseignaient le dialecte régional dans les écoles jurassiennes. Agnès Surdez, active aux Breuleux, et Michèle Lièvre, à Fontenais, vont prendre leur retraite à la fin de l’année scolaire. A cela s’ajoute que le théâtre des patoisants d’Ajoie n’aura pas lieu cette année, faute de participants.

Peu d'enseignants prêts à reprendre le flambeau

Pour le président de la Fédération des patoisants du canton du Jura, Maurice Jobin, l’objectif est de maintenir un embryon d’enseignement dès les premières années Harmos. « C’est primordial », s’exclame-t-il avant d’ajouter que « le manque de relève pour l’inculquer demeure toutefois préoccupant. Il n’y a pas de renouvellement », relève Maurice Jobin. La Fédération a lancé un appel pour susciter des vocations, « mais c’est difficile car les cours n’entrent pas dans le cadre du programme scolaire, vu qu’ils sont facultatifs ». Il note que les enseignants ont de la peine à venir à leur rencontre. « Il faudrait peut-être alléger certaines grilles horaires ou proposer des cours d’appoint pour les enseignants ».

Est-ce que le canton du Jura doit en faire davantage pour assurer la survie du dialecte jurassien ? « C’est extrêmement difficile d’imposer auprès du Service de l’enseignement l’apprentissage d’une langue. Il n’est pas simple de trouver une place au patois dans le cadre des grilles horaires actuelles », note Maurice Jobin. Contactés mardi pour avoir la position du canton sur cette problématique, tant la ministre de la Formation, Elisabeth Baume-Schneider, que le chef du Service de l’enseignement étaient absents.

Pour assurer le maintien de ce pan de la culture jurassienne, la Fédération des patoisants du canton du Jura mise sur son site internet, le théâtre ou encore par le bais de concerts. « Il est important de maintenir et soutenir une activité patoisante », conclut Maurice Jobin. /jpp

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