Le lait sous pression

Le marché du lait sous l’influence du franc fort. La décision mi-janvier de la Banque nationale suisse de mettre fin au taux plancher a des répercussions sur l’agriculture. Au début du mois, les producteurs de lait ont reçu un courrier de la MIBA pour leur annoncer une baisse de leur rétribution. La Fédération laitière du Nord-Ouest de la Suisse a diminué le prix du kilo de lait de 3 centimes. Il est payé désormais 53 centimes à l’agriculteur. Le vice-président explique cette baisse par une nécessité de rester compétitif sur le marché européen, puisque plus de 20% de la production indigène est exportée vers l’Union européenne. Daniel Studer explique que la MIBA a dû répercuter sur le paysan la baisse imposée par les transformateurs. « On n’est 20% plus cher dans l’UE mais également avec les produits importés en Suisse », souligne le vice-président. Il rappelle que le lait est une denrée périssable qu’il faut écouler rapidement.

Du côté du monde agricole, on comprend la décision de la MIBA. Samuel Pfister, délégué de l’Union suisse des paysans pour le Jura, et producteur à Pleigne, relève que l’année dernière le kilo était vendu 60 centimes. Il craint que cette chute ne se poursuive au printemps avec l’arrivée de grandes quantités. Le lait pourrait alors avoisiner, selon lui, les 40 centimes, ce qui représente une diminution en quelques mois d’un tiers du revenu pour le paysan. « Il faudra encore se serrer la ceinture » indique Samuel Pfister. Il a l’impression que les efforts entrepris jusqu’à maintenant pour se montrer compétitif n’ont servi à rien suite à l’arrivée du franc fort.

La MIBA se montre un peu plus optimiste. Même si le printemps est souvent synonyme de baisse du prix, de nouvelles données sur le marché mondial pourraient avoir des répercussions positives en Suisse. La Chine doit notamment refaire ses stocks de produits laitiers. La Nouvelle-Zélande, qui produit d’habitude de grandes quantités, se trouve à sec, selon Daniel Studer. /nqu

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