Il risque sept ans de prison

Une affaire complexe occupe le Tribunal de Porrentruy. Un prévenu doit répondre de brigandage qualifié, contrainte sexuelle aggravée et éventuellement séquestration après une visite chez des prostituées qui a mal tourné en septembre 2012 à Delémont. Il est aussi accusé de vol, tentative de vol, dommages à la propriété et violation de domicile. Les faits se sont produits en 2012 et 2013 à Delémont et Bassecourt.

La procureure a requis sept ans de prison ferme, évoquant la cruauté des actes commis, la mise en danger de mort, les menaces et le mépris total montré par le prévenu à l’égard des deux femmes, qui ont eu peur de mourir. L’avocate de la défense a de son côté plaidé pour une peine de dix mois d’emprisonnement pour les cas de vol, estimant que son client devait être libéré des autres chefs d’accusation au nom de la présomption d’innocence et des nombreuses zones d’ombre du dossier. Le prévenu nie d’ailleurs les faits. Pour rendre son verdict mardi à 11h, le juge Pascal Chappuis devra démêler le vrai du faux, puis apprécier les innombrables contradictions et variations de déclarations. Un sacré casse-tête !

Changement de version

Venons-en aux faits. Un prévenu et un comparse – qui est aujourd’hui en fuite – ont rendu visite à deux prostituées en septembre 2012 à Delémont. Le comparse n’a pas été satisfait de la prestation et a demandé à être remboursé. Le prévenu aurait alors poussé une des femmes – la seule plaignante dans la salle d’audience lundi – puis l’aurait menacée, avant de la frapper et de la blesser avec un pistolet, un couteau et une bouteille d’eau. La violence ne se serait pas arrêtée là. Le prévenu aurait ensuite menacé la plaignante de mort pour se faire remettre tout l’argent disponible. L’appartement a été fouillé. Il aurait aussi exigé une fellation des deux prostituées. Les deux hommes auraient enfin tiré les cheveux, giflé et attaché les deux femmes pieds et mains avant de s’en aller avec leur butin.

Mais rien ne semble sûr et certain dans cette affaire vide de témoins, qui repose donc sur les déclarations des plaignantes et du prévenu. La plaignante présente lundi  a en effet changé de version lors de son audition, affirmant finalement que c’est l’homme en fuite qui aurait tenu les armes et menacé les prostituées, pendant que le prévenu, lui, surveillait bien tranquillement la scène, sans pistolet ni couteau. Un exemple de contradiction parmi tant d’autres pour compliquer la tâche du juge. Pascal Chappuis devra répondre à cette question : « Que s’est-il réellement passé dans cet appartement de Delémont durant plus de deux heures de temps ? » Réponse mardi en fin de matinée. /rch

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