Des fouilles illégales

St-Brais II Zoom sur « St-Brais II » (touche ESC pour fermer)
La grille de l'entrée de la grotte de St-Brais II a été forcée.

Un site d’importance national saccagé. La grotte de St-Brais II a été fouillée illégalement par une ou plusieurs personnes. Le méfait a été constaté le week-end dernier selon un communiqué de presse du canton du Jura publié vendredi. Les individus ont brisé le cadenas de la grille qui empêchait d’entrer dans ce site de renommée suisse. Des sceaux et des outils ont été abandonnés sur place, alors que des tranchées ont été creusées. En 1955, Frédéric-Edouard Koby, un archéologue amateur, y a découvert notamment une dent de Néandertal qui date de 40'000 ans avant Jésus Christ. Il s'agit d'un des deux plus anciens restes humains de Suisse. La Section d’archéologie et de paléontologie de l’Office de la culture a déposé plainte.

 

Des dégâts

L’archéologue cantonal ignore si le ou les individus ont fait des découvertes. Selon Robert Fellner, il apparaît peu probable que ces personnes aient été capables de déceler l’importance de leur trouvaille. Le fait même d’avoir creusé dans cette grotte met en péril de futures recherches scientifiques. Robert Fellner relève que le site est fermé pour une raison. Les sédiments pourraient receler de nombreuses informations grâce à des analyses plus poussées que celles effectuées par Frédéric-Edouard Koby en 1955.

 

Pour les générations futures

Bien que cette grotte présente un réel intérêt archéologique, le canton du Jura n’a pas les moyens et les ressources nécessaires pour entreprendre une fouille de grande envergure. La Section d’archéologie et de paléontologie travaille sur les sites qui sont menacés de destruction, comme sur la Transjurane. Les lieux à fort potentiel, comme la grotte de St-Brais II, sont protégés pour les générations futures. Des fouilles de recherche pourraient être entreprises en collaboration avec une université.

 

Un choc

La Section d'archéologie et de paléontologie a souhaité communiquer notamment pour sensibiliser la population sur cet acte qui est tout sauf anodin. Il est interdit de fouiller sans autorisation un site reconnu scientifiquement. L’archéologue cantonal se dit également choqué par ce méfait. C’est la seule grotte dans le canton qui est fermée par une grille. Enfin, en saccageant ce lieu, le ou les individus ont détruit une partie du patrimoine archéologique jurassien, « toute la population jurassienne est ainsi perdante ».

 

Une nouvelle loi bientôt en action

Le ou les individus risquent pour le moment une peine de quelques centaines de francs. Une nouvelle loi doit être débattue le 29 avril au Parlement. L’amende atteindrait alors les 40'000 francs pour des cas graves. Cette législation permettra aussi de clarifier les mesures de protection des sites archéologiques et paléontologiques. /nqu

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