La formation des pompiers entame sa mutation

La refonte a débuté du côté des pompiers. Dès le mois de juin, la formation de base change de forme. Les aspirants sapeurs-pompiers devront quitter le canton du Jura et se rendre à Balsthal pour suivre le cours de base obligatoire de cinq jours et demi. Celui-ci peut être suivi par un cours de perfectionnement de trois jours. S’il n’est pas obligatoire, il est néanmoins fortement recommandé. En tout, la durée de l’apprentissage reste similaire, mais l’organisation a été revue. Le cours de base est en effet plus complet, il inclut notamment la maîtrise de la protection respiratoire. D’autres notions ont été ajoutées, comme la ventilation, la lutte contre les hydrocarbures ou encore les massages cardiaques, qui n’étaient pas considérés au niveau de base.

Sapeurs-pompiers plus performants

Ces changements interviennent suite à l’introduction d’un nouveau règlement fédéral des connaissances de base, qui a poussé l’ensemble des cantons à revoir leur formation. Dans le canton du Jura, un groupe de travail a été créé pour repenser l’organisation de cet apprentissage. L’objectif de la restructuration est de permettre aux sapeurs-pompiers de gagner en autonomie et en performance. Pour Michaël Werder, porte-parole de la société cantonale des sapeurs-pompiers et membre du groupe de travail qui s’est penché sur cette réorganisation, celle-ci représente une nette amélioration et donne plus d’importance au corps des sapeurs-pompiers. Ces derniers devraient ainsi être plus polyvalents et mieux adaptés à la réalité des pratiques, afin de mieux assumer leurs responsabilités.

Michaël Werder estime toutefois que le nouveau règlement des connaissances de base présente des lacunes dans certaines normes juridiques. Certaines pratiques sont remises en cause mais ne sont pas encore redéfinies. C’est le cas notamment du système de cordes de sécurité pour intervenir sur les toits qui n’est plus conforme à la norme, mais qui n’a pas encore fait l’objet d’une nouvelle directive. Les soldats du feu doivent s'adapter à des normes européennes, mais pour le moment certaines sont encore floues. Les sociétés de sapeurs-pompiers attendent par ailleurs un avis de droit de la SUVA, qui déterminera si à son sens les sapeurs-pompiers sont des travailleurs ou non. Michaël Werder explique que le groupe de travail se penche sur ce problème afin de combler ses lacunes.

Des tâches mieux réparties

John Mosimann, inspecteur cantonal des sapeurs-pompiers, explique aussi que la répartition des tâches a été mieux définie. En moyenne, 400 interventions ont lieu chaque année. Sur ce nombre, celles concernant les secours chimiques, les hydrocarbures et les produits chimiques sont prises en charge par les centres de renfort, puisque ces interventions impliquent des connaissances supplémentaires.

John Mosimann constate par ailleurs que le nombre de sapeurs-pompiers tend à diminuer. Ce fait est toutefois compensé par l’amélioration du matériel, qui nécessite désormais l’intervention de moins d’hommes. Côté finances, le portefeuille des pompiers devrait rester stable. Sur le long terme, la réorganisation de la formation devrait permettre de rentabiliser les coûts. /mdu

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