Le PSJ mise sur la continuité et freine Maxime Zuber

Maxime Zuber Zoom sur « Maxime Zuber » (touche ESC pour fermer)
Le député-maire de Moutier ne sera certainement pas candidat au Conseil national sous la bannière du PSJ.

Un nouveau scénario se dessine pour le Parti socialiste jurassien en vue des élections cantonales et fédérales de cet automne. Après des semaines de réflexions, Pierre-Alain Fridez a tranché : il souhaite finalement rempiler au Conseil national, malgré certaines pressions exercées sur lui pour qu’il se présente au Gouvernement jurassien. « J’ai hésité, mais je veux absolument rester médecin et exercer mon métier auprès de mes patients », nous déclare ce lundi Pierre-Alain Fridez. Cette volonté de l’Ajoulot, exprimée vendredi devant le comité directeur du parti, semble ainsi sonner le glas d’une candidature de Maxime Zuber sur la liste du PSJ.

Le député-maire de Moutier nous a confié qu’il était convaincu que Pierre-Alain Fridez allait opter pour l’exécutif cantonal, et donc qu’une porte serait entrouverte pour lui pour le National. « Dommage », dit Maxime Zuber, qui regrette le temps conséquent pris par le Conseiller national sortant pour réfléchir. Le député-maire de Moutier déplore le fait que le PSJ puisse privilégier les causes personnelles plutôt que l’intérêt général. Reste à voir si le PSA va malgré tout proposer la candidature de Maxime Zuber au congrès du parti jurassien. L’élu prévôtois affirme ne pas avoir encore pris de décision. Il est toutefois peu probable qu’il se lance. « Une telle candidature pourrait être interprétée comme une volonté de battre Pierre-Alain Fridez, ce qui n’est pas l’objectif », explique Maxime Zuber.

« Il est normal de donner la priorité à un sortant »

Pierre-Alain Fridez ne souhaite pas se prononcer sur Maxime Zuber, mais il précise qu'il n'a pas eu la moindre volonté de faire barrage au Prévôtois. «Il a simplement fallu du temps pour que les membres du comité directeur puissent se réunir et que je puisse dire que je souhaitais rester à la Chambre du peuple », explique l’élu de Fontenais. Le Conseiller national affirme également qu’une candidature du député-maire de Moutier au National aurait pu être un coup politique génial, mais que le risque était énorme en cas de non-élection.

De son côté, le président du Parti socialiste jurassien a simplement pris acte de la décision de Pierre-Alain Fridez : « C’est un sortant qui a fait du bon travail à Berne. Il est donc normal qu’il ait la priorité et qu’on mette tout en œuvre pour qu’il soit réélu. Par ailleurs, on ne peut pas le forcer à aller au Gouvernement », déclare Loïc Dobler. Et d’ajouter qu’une candidature de Maxime Zuber sur la même liste que Pierre-Alain Fridez serait une « erreur ».

Le congrès du PSJ aura le dernier mot à la mi-juin. A noter que le parti compte garder sa stratégie de liste à trois noms pour le Gouvernement. Le ministre sortant Michel Thentz y figurera, très probablement avec Nathalie Barthoulot. Reste à trouver la troisième personne. /rch

Commentaire

On peut regretter qu’une chance ne soit pas donnée à Maxime Zuber au Conseil national. Car avant le vote communaliste à Moutier au printemps 2017, le coup de poker aurait pu être tenté, avec de réelles chances de succès. L’élu prévôtois aurait sans aucun doute recueilli des suffrages en dehors de l’électorat du PSJ. La main tendue vers Moutier, le signal politique envoyé, auraient été très forts. Cette candidature éventuelle avait d’ailleurs déjà soulevé une vague de sympathie dans le Jura, notamment dans la classe politique. On peut en tout cas s’interroger sur le temps de réflexion pris par Pierre-Alain Fridez. Cette période d’incertitude a ouvert la porte aux stratégies, permettant à Maxime Zuber d'apparaître sur le devant de la scène du PSJ, et même au-delà. On est au final de retour à la case départ, avec un Parti socialiste privilégiant la continuité à l’audace, et un Maxime Zuber en quelque sorte prié de rentrer dans le rang.

Raphaël Chalverat

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