« Le dossier de la honte »

« Justice a été rendue » c’est ce qu’a déclaré le Président de la Cour pénale. Le Tribunal de première instance à Porrentruy a prononcé vendredi soir son verdict dans l’affaire des tentatives de brigandages qualifiés au restaurant du Peu-Péquignot et à la banque Raiffeisen de Bassecourt en 2013. Sept jeunes hommes de la région ont été reconnus coupables. Trois d’entre eux ont été condamnés pour brigandages qualifiés. Les peines vont de 120 jours-amendes avec sursis pour le chauffeur à de la prison ferme pour les trois malfrats qui ont commis le braquage violent du Relais au Noirmont. Ces trois accusés écopent de 5 et 7 ans de peine privative de liberté. La Cour, présidée par Pascal Chappuis, a suivi le réquisitoire de la procureure. Elle a même été plus sévère pour l’un des prévenus.

 

Aucun scrupule

Pour expliquer le verdict, le juge Pascal Chappuis a relevé les circonstances aggravantes de ces deux affaires. Selon la Cour, la bande a fait état d’un certain professionnalisme. Au Peu-Péquignot, deux des malfrats avaient effectué un repérage. L’absence de collaboration lors de la procédure a aussi été soulevée. A aucun moment, les trois auteurs n’ont dit la vérité sur leurs actes. Ils ont nié, tenté de minimiser les coups et reporté la faute sur les autres. Enfin, le manque d’empathie pour le sort de leurs victimes a pesé dans la balance. Pascal Chappuis a évoqué un goût pour la violence gratuite. Le président est notamment interloqué par le coup porté à l’employé de la banque après être sorti de l’établissement. Le tribunal pénal refuse de croire à un dérapage. Avant les faits, la bande baignait déjà dans un climat ultra-violent prenant les personnes pour des choses. Dans l’affaire du Peu-Péquignot, le juge a estimé que « ces trois malabars armés ont foncé sur les deux femmes sans même réclamer les clés. On les a massacrées ! ». La procureure avait requis une peine plus légère pour le troisième homme qui semblait plus sincère et moins impliqué dans l’agression. La Cour en a décidé autrement. Il a agi comme les autres en tirant violemment sur les cheveux de la sommelière qui était déjà à terre le visage en sang.

 

Du sursis pour les autres

Les quatre autres personnes ont obtenu des peines avec sursis. Bien qu’elles aient participé de près ou de loin aux deux brigandages, elles n’ont pas fait usage de la violence. Le chauffeur a écopé de 120 jours-amende avec sursis. Les deux hommes, qui ont fait diversion, ont obtenu deux ans de peine privative de liberté avec sursis pendant quatre ans. Le second braqueur de la banque s’en sort avec 15 mois de prison avec sursis pendant trois ans.

 

Des victimes soulagées

La Cour a également accordé aux cinq victimes des indemnités pour tort moral. Pour les deux femmes du restaurant, cette somme s’élève à 15'000 francs chacune. Les deux employés de banque ont obtenu 10'000 francs, alors que la prétention civile de la cliente se monte à 3'000 francs. Hormis l’argent, les quatre plaignants présents semblaient soulager par l’annonce du verdict. Les larmes perlaient au coin des yeux de certaines victimes. L’avocat de la restauratrice, Me Jean-Michel Conti, considère que justice a été rendue. Le juge Pascal Chappuis a clôturé le verdict en évoquant « la violence des lâches » dans ce « dossier de la honte ». /ncp

Partager
Link
Météo