Chevaux abandonnés : Michel Prêtre toujours dans l’attente

Michel Prêtre et ses amis Zoom sur « Michel Prêtre et ses amis » (touche ESC pour fermer)
Yardena Malka (association Pferde in Not), Michel Prêtre, ainsi que ses amis Régine Berger et Christoph Friedli (responsables de la communication en Suisse alémanique) tentent de se battre pour obtenir justice.

L’affaire des chevaux abandonnés à Boncourt rebondit. L’agriculteur Michel Prêtre, qui s’était vu confier 35 bêtes par un propriétaire fantôme du canton d’Argovie, attend toujours la somme promise pour rembourser une partie de ses frais. Il s’est occupé des chevaux pendant quatre mois et demi entre le 13 octobre 2014 et le 28 février de cette année. Sa facture s’est élevée à 45'000 francs.

Rappel des faits

Un propriétaire argovien a loué des locaux à Michel Prêtre à Boncourt pour placer 35 chevaux. C’était en octobre dernier. L’homme ne s’est plus manifesté jusqu’à Noël, lorsqu’il est venu reprendre deux chevaux et rassurer l’agriculteur ajoulot : il allait être payé pour la location et les frais, de fourrage notamment. Depuis, plus aucun signe. Michel Prêtre a alerté le Service vétérinaire cantonal (SCAV), l’affaire a été dévoilée dans les médias et les réseaux sociaux, puis un élan de solidarité s’est créé. Des anonymes, essentiellement alémaniques, sont venus prêter main forte à Michel Prêtre pour s’occuper des chevaux.

En février dernier, alors que le SCAV avait prononcé un séquestre préventif le 6, le propriétaire et un médiateur signaient un document stipulant que les bêtes pouvaient être vendues. Le 28 février, les chevaux quittaient les locaux de l’agriculteur de Boncourt, direction leurs nouveaux acquéreurs. Affaire classée ? Non. Car il était prévu que le produit de la vente serve déjà à payer le vétérinaire qui s’est occupé des chevaux et les frais du séquestre préventif ordonné par le Service vétérinaire jurassien. Le solde devait ensuite revenir à Michel Prêtre, soit 14'000 francs, pour rembourser une partie de ses frais. Et à ce jour, l’Ajoulot n’a toujours pas vu la couleur des billets.

Nouvelles explications

Michel Prêtre et trois de ses amis ont convoqué la presse vendredi à Balsthal pour faire le point sur cette affaire. L’agriculteur nous a expliqué qu’il ne pouvait pas être totalement remboursé des 45'000 francs dépensés, car le propriétaire n’est pas solvable. Il a donc été convenu que Michel Prêtre toucherait une partie de l’argent de la vente des bêtes, soit 14'000 francs. Un médiateur avait pour tâche de récolter la somme, de payer les factures au vétérinaire et au Service vétérinaire jurassien – ce qu’il a fait – et de transmettre le reste à l’agriculteur ajoulot. Michel Prêtre attend toujours sa part. Il envisage aujourd’hui d’attaquer le médiateur en justice, ce dernier ayant apparemment transmis l’argent à l’avocat du propriétaire argovien. Argent qui serait bloqué sur un compte. Le hic : le coût de la procédure pour le Jurassien serait certainement plus élevé que les 14'000 francs qu’il est censé percevoir ! Michel Prêtre est donc en période de réflexion avec son propre avocat.

Comment s’est opérée la vente ?

Pour Michel Prêtre, des zones d’ombre subsistent également sur la procédure de vente des 33 chevaux. 23 auraient été vendus, 4 redonnés au propriétaire argovien et 6 auraient été placés à Tramelan. L’agriculteur ajoulot se demande notamment où sont les bêtes et pourquoi certaines d’entre elles ont été données et non vendues. Michel Prêtre n’a pas obtenu de réponse. Cette affaire des chevaux abandonnés de Boncourt pourrait donc encore durer un moment.

Notre rédaction a contacté la vétérinaire cantonale Anne Ceppi pour recueillir son point de vue sur cet épineux dossier. Le Service de la consommation et des affaires vétérinaires se dissocie complétement de ce remboursement. Anne Ceppi nous a expliqué que la mission de son service était uniquement de trouver une place pour les chevaux. Elle a  insisté sur le fait que c’était au propriétaire des bêtes de rembourser, et que le litige devait être réglé dans un cadre privé. Anne Ceppi le regrette pour Michel Prêtre, mais son service n’a aucune influence pour la suite.

Nous avons également tenté de joindre le médiateur de cette affaire, mais sans succès. Notez que ce médiateur réside dans le même village argovien que le propriétaire de chevaux. /rch+lbr

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