Accident mortel du travail à La Chaux-de-Fonds

L'accident s'est produit sur la place de la Gare en chantier. Zoom sur « L'accident s'est produit sur la place de la Gare en chantier. » (touche ESC pour fermer)
L'accident s'est produit sur la place de la Gare en chantier.

Un accident tragique s’est produit lundi matin à La Chaux-de-Fonds. Un employé de la voirie est décédé sous les roues d’un camion-poubelle qui faisait sa tournée. Le drame s’est déroulé sur la place de la Gare, qui est en chantier. L’homme d’une soixantaine d’années officiait depuis 2002 comme sonneur, à l'arrière du camion.

Selon les premiers éléments, il semble que la victime ait sauté du marchepied, ce qui est interdit par une directive, alors que le camion-poubelle circulait en marche avant et à une allure très modérée. L’enquête ouverte pour établir les circonstances exactes de cet accident a été confiée au procureur Marc Rémy. « Pour le moment, nous avons pu interroger toutes les personnes présentes lors du drame, y compris le chauffeur du véhicule. L'Unité d'intervention psychologique de la police s'est déplacée pour prendre en charge les personnes qui en ressentaient le besoin, ainsi que les familles concernées par cet accident ».
En début d'après-midi, une grande partie des employés de la voirie se sont spontanément rassemblés sur la place de la Gare pour rendre hommage à leur collègue.

Camions sécurisés
 

Le chef de la voirie Joseph Mucaria rappelle que sauter d'un camion-poubelle alors que le véhicule est toujours en mouvement est interdit. « Les collaborateurs sont informés de cet état de fait », nous assure-t-il. « Mais la victime en question était dans le métier depuis passé trente ans, dont 13 ans chez nous... Cet accident est d'autant plus terrible que chaque nouveau camion qui est acheté est désormais pourvu d'un système de sécurité, précisément pour éviter ce genre de drame». 

Très affecté par ce décès, Joseph Mucaria souligne l'heureux caractère de son employé et ami qui l'a quitté. «C'était quelqu'un de formidable. Une figure bien connue des Chaux-de-Fonniers, toujours en train de siffler derrière son camion...» Et des témoins d'appuyer ce bref portrait: « Il nous saluait toujours pendant ses tournées. On l'entendait siffler, on savait qu'il arrivait ».

Des membres du Conseil communal se sont rendus sur place, accompagnés par le voyer-chef et son adjoint. Une cellule de crise a été actionnée pour apporter un soutien psychologique aux personnes touchées par le drame.

Ne pas attendre avant d'interroger les témoins
 

Le procureur Marc Rémy souligne l'importance de pouvoir interroger les témoins directs lors d'un tel drame. Dans le cas présent, le chauffeur du camion a été entendu immédiatement. Cela peut surprendre étant donné l'état psychologique de celui qui était au volant du camion-poubelle. Mais Marc Rémy tient à rappeler que « certaines personnes sont tellement désolées des faits qu'elles veulent à tout prix aider les enquêteurs. Elles sont alors soulagées de pouvoir parler. Bien entendu, si les policiers contatent que les propos des témoins sont incohérents, ils n'insistent pas et laissent à la personne effondrée un moment pour qu'elle puisse retrouver ses esprits, tout en lui offrant un cadre psychologique ».  

Dans cette enquête, il s'agira de réunir tous les témoignages, « travailler sur un capital humain», pour reprendre les propos du procureur, sans pouvoir s'appuyer sur des caméras qui auraient filmé l'accident. /abo-msa

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