La politique des petits pas en Haute-Ajoie

Avancer prudemment. Le Conseil communal de Haute-Ajoie a transmis la semaine dernière sa décision aux communes de Grandfontaine et Fahy. L’exécutif renonce à les accueillir, pour le moment, au sein du comité intercommunal de fusion créé avec Rocourt il y a quelques mois. Pourtant les deux localités avaient montré leur intérêt lors d’un sondage dépouillé en début d’année. « Il ne faudrait pas plomber les travaux mis en place avec Rocourt » souligne le maire de Haute-Ajoie. L’aspect financier a également pesé dans la balance. Les perspectives financières et l’assiette fiscale des deux villages ne sont pas favorables à un rapprochement, selon Michel Baconat qui rajoute que « la bonne volonté ne suffit pas ».

Haute-Ajoie craint en fait une augmentation de la quotité d'impôt avec le risque de voir des entreprises quitter le territoire. Pour le moment, elle se situe à 2.05, alors que la quotité d’impôt de Grandfontaine et Fahy s'élève à 2.25, comme à Rocourt. Mais avec ses 160 habitants, la petite localité ne péjorerait pas les comptes de la commune fusionnée.

 

La politique des petits pas

Ce refus va à contre-courant des premières réactions recueillies après le dépouillement des sondages en janvier. Michel Baconat se disait alors emballé par le plébiscite des habitants de Grandfontaine. Mais la venue de Fahy dans le processus a changé la donne, puisque le village a une situation financière encore moins intéressante. Le Conseil communal de Haute-Ajoie ne pouvait envisager d’intégrer qu'une des deux localités. Le maire préfère appliquer la politique des petits pas et attendre la prochaine législature pour relancer la démarche, soit après 2018. A la même date, Rocourt pourrait faire partie de la commune de Haute-Ajoie.

 

Pas de commentaire

Les maires de Grandfontaine, Marguerite Vuillaume, et de Fahy, Philippe Plumey, n’ont pas souhaité commenter pour le moment la décision de l’exécutif de Haute-Ajoie. Ils attendent de pouvoir en discuter auparavant avec leur Conseil communal respectif.  

 

Ne pas s'immiscer dans les affaires communales

Du côté du Gouvernement, qui encourage les processus de fusion, le ministre des Communes refuse de s’immiscer dans cette affaire. Cependant, Michel Thentz constate que d’une part les populations de Fahy et Grandfontaine ont répondu massivement oui à un processus de rapprochement et d’autre part la commune de Haute-Ajoie oppose une fin de non-recevoir. Selon lui, « il y a à réfléchir et à travailler sur cette thématique ». Le ministre estime également que d’autres arguments que ceux financiers peuvent être mis en avant. Michel Thentz va offrir son aide pour renouer le dialogue entre les différentes communes. /ncp

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