Sécheresse: chute de la production de légumes

Les dernières vraies pluies remontent au mois de juin et les vagues de chaleur se succèdent. Conséquence pour les agriculteurs: la récolte des légumes diminue. La production de salades Iceberg, par exemple, a lourdement chuté depuis une quinzaine de jours.

Les paysans suisses ont récolté la semaine dernière 460 tonnes de cette variété, selon les chiffres de l'Office de l'agriculture et de la nature du canton de Berne (OAN). Ce volume couvre tout juste la moitié de la demande. Au cours de la même période l'année dernière, 725 tonnes de salade Iceberg avaient été récoltées.

Il faut actuellement importer ce légume pour assurer une distribution suffisante. Et le chou-fleur aussi subit de plein fouet la hausse prolongée des températures et la sécheresse: si les agriculteurs produisaient plus de 200 tonnes par semaine début juillet, le volume est tombé à 157 tonnes la semaine dernière, ce qui couvre la moitié de la demande. Le reste est à importer.

Souvenir de pluie

Que les légumes accusent le coup n'a rien d'étonnant: en Suisse, la dernière "vraie" pluie au nord des Alpes remonte au 22 juin, rappelle à l'ats Ludwig Zgraggen, de Météosuisse. Depuis, seuls quelques averses et orages locaux se sont produits. La période de sécheresse actuelle dure donc depuis presque un mois.

"Un tel phénomène ne survient pas chaque année, ni même tous les dix ans", souligne M. Zgraggen. De fait, une si longue sécheresse n'a pas eu lieu depuis 2003. Et en général, les périodes sèches durent au maximum entre dix et douze jours.

En outre, la chaleur vient s'ajouter au problème. Depuis lundi, il fait à nouveau très chaud en Suisse romande: les cartes de Météosuisse indiquent un danger de canicule "marqué" (degré 3 sur 5) pour les cantons de Genève, Vaud, Valais et dans les environs de Neuchâtel. Le mercure a flirté avec 34 degrés à Sion et dépassé 32 degrés à Genève.

Patates chaudes

Les pommes de terre et les betteraves ne vont pas apprécier. Au-dessus de 25 degrés, les premières ne grossissent presque plus, et les deuxièmes ne poussent pas vraiment au-dessus de 30 degrés, explique Christian Bucher, de l'OAN.

En 2003, la situation a cependant été encore pire pour de nombreux paysans. Plusieurs cantons avaient limité sur une longue période la consommation d'eau. Des surfaces entières avaient été laissées en friche, faute de pouvoir être irriguées.

Rien de tel pour l'instant cet été. Si le canton de Fribourg interdit depuis vendredi le pompage des eaux de surface, des exceptions ont permis à la plupart des cultivateurs de légumes d'arroser leurs champs à plusieurs reprises. Et il est toujours permis de pomper les eaux souterraines, car le niveau de la nappe phréatique n'a presque pas baissé. /ats

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