Retour à la case départ pour le salaire minimum

Coup dur pour la loi sur le salaire minimum cantonal. Le Parlement jurassien a refusé par 30 voix contre 29 l’entrée en matière du projet de loi élaboré par le Gouvernement mercredi matin. La quasi-totalité de la droite s’est opposée au texte. Seul le député PDC André Burri a suivi les élus de gauche. Le projet de loi proposait d’instaurer un salaire minimum de 19,25 francs de l’heure, soit environ 3'500 francs par mois pour une semaine de 42 heures de travail. Un texte qui a vu le jour suite à l’acceptation par 54,3 % des Jurassiens de l’initiative « Un Jura aux salaires décents » initiée par la jeunesse socialiste en mars 2013.

« C’est une grande déception »

« Ce résultat ne me surprend pas vraiment », s’indigne Loïc Dobler, le président du parti socialiste jurassien. « On connaît désormais véritablement le mépris que certains partis peuvent avoir pour des gens qui se lèvent tous les matins pour travailler et qui ne gagnent même pas 3'000,00 francs par mois », déclare le député socialiste. « Je suis très déçu car les partis qui se sont opposés à ce texte n’ont fait aucune proposition concrète pour améliorer cette loi si elle ne leur convenait pas, mais se sont contentés de refuser l’entrée en matière », explique Loïc Dobler.

« Le projet a été vidé de sa substance »

Les députés de droite ont contesté l’entrée en matière, car ils considèrent ce projet comme une menace pour les entreprises de la région. « Il n’appartient pas à l’État de décider d’un salaire minimum qui pourrait nuire à l’économie du canton. Ne mélangeons pas les rôles ! Il a toujours été clair pour le PDC que c’est un travail de partenaires sociaux », a déclaré le rapporteur du groupe parlementaire démocrate-chrétien Dominique Thiévent. « Ce projet a été vidé de sa substance quand on observe le nombre de cas qui ne sont pas concernés par cette loi. Finalement, il ne concerne pratiquement plus personne et donc ne sert plus à grand-chose », ajoute le député PDC.

La loi retourne dans les mains du Gouvernement

Du côté du Gouvernement, la déception est également de mise. Pour le ministre en charge du dossier, Michel Probst, « les députés se devaient au moins d’accepter l’entrée en matière par respect pour les Jurassiens qui ont accepté l’initiative « Un Jura aux salaires décents » en mars 2013. Le Gouvernement jurassien devra désormais se pencher à nouveau sur le texte pour réaliser une nouvelle proposition de loi sur le salaire minimum cantonal. « J’ai de la peine à imaginer ce que l’Exécutif cantonal pourra nous proposer car il s’agissait déjà d’un projet minimum », précise le président du PSJ. /afa

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26.10.2016
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