Vote communaliste : les réactions

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Manfred Bühler et Maxime Zuber, en débat sur RJB et RFJ

Des vives réactions ont suivi la décision du Grand Conseil bernois autour du vote communaliste. Le premier point de la motion Bühler-Daetwyler-Von Kaenel accepté mardi exige notamment que toutes les communes qui souhaitent voter sur leur appartenance cantonale le fassent le même jour.

Les réactions

Maxime Zuber, député-maire de Moutier, parle d’une décision prématurée et irréfléchie : « Honnêtement, les députés n’avaient pas tous les éléments pour se prononcer, la consultation n’étant pas encore achevée (…). Le Conseil du Jura bernois, au sein duquel siège monsieur Bühler, s’est par exemple exprimé clairement pour le processus proposé par le Gouvernement d’un vote en deux temps ».

Manfred Bühler, député-maire de Cortébert et coauteur de la motion, se défend d’ignorer l’avis du CJB: « Le Conseil du Jura bernois a certes dit qu’il pouvait accepter la proposition faite par le Gouvernement, mais il n’a pas rejeté expressément la proposition qui est sur la table aujourd’hui. Il ne s’est pas exprimé sur la possibilité, par exemple, de questions subsidiaires ou à des variantes lors d’une votation unique. »

Quant aux suites à donner à cette décision du Grand Conseil, Maxime Zuber dit « encore espérer que les députés entendent raison jusqu’au mois de janvier. Mais si le Grand Conseil devait s’obstiner à porter atteinte à l’autonomie communale, nous n’hésiterions pas à saisir le Tribunal Fédéral dans un recours de droit public. In fine, si on nous obligeait à mettre sur pied une votation communale qui nous disconviendrait, le Conseil municipal n’organiserait pas cette votation ».

Des menaces que Manfred Bühler ne prend pas au sérieux : « Moutier n’est pas concernée ! Ce sont les petites communes, Belprahon et Grandval, qui ont demandé la votation en deux temps. Je ne vois pas quelle serait la légitimité de Moutier à vouloir recourir au Tribunal Fédéral par rapport à des modalités qui concernent les communes voisines ».

A Moutier, la commission communale d’autodétermination qui s’est mise en place récemment ne souhaite pas commenter la décision du Grand Conseil. Son président, Pascal Eschmann, nous a indiqué vouloir attendre la première réunion de l’organe, prévue à la fin du mois.

A Belprahon, commune qui a demandé la tenue d’un vote après celui de Moutier, le maire Michel Leuenberger critique vivement la décision du Grand Conseil : « Pour moi seul le vote en deux temps était acceptable (…). Des gens qui étaient en culottes courtes à l’époque des plébiscites et qui viennent s’en mêler maintenant, ils peuvent rester chez eux, ce ne sont pas des députés. C’est un écœurement total. »

Le maire de Grandval, Roger Minder, se dit également dégoûté. Lui aussi continue à privilégier des scrutins séparés, mais n’exclut pas une autre solution.

La décision du Grand Conseil bernois remet de facto en question la feuille de route sur le vote communaliste négociée et acceptée par les gouvernements bernois et jurassien. Philippe Perrenoud, président de la délégation du Conseil-exécutif pour les affaires jurassiennes, évoque la possibilité d’un projet de loi « avec deux variantes, celle qu’on a lancée en consultation et celle engendrée par la motion avec une question subsidiaire, c’est à voir… ». Mais selon lui, cela n’imposera pas de retourner à la table des négociations entre les cantons du Jura et de Berne.

Son de cloche différent de la part du Gouvernement jurassien. La présidente de la Délégation de l’exécutif jurassien aux affaires jurassiennes, la ministre Elisabeth Baume-Schneider, a fait part de sa surprise : « Le Gouvernement jurassien est perplexe et déçu (…). On a vraiment l’impression que le Grand Conseil bernois s’acharne à vouloir discréditer un processus qui était empreint de bons sens.»  Pour la ministre, un retour à la table des négociations paraît nécessaire. Elle attend toutefois de connaître l’évolution du dossier dans le camp bernois.

A noter encore que « Notre Prévôté » se dit satisfait de la décision du Grand Conseil bernois. Par la voix de son porte-parole Nicolas Rubin, le comité qui milite pour le maintien des communes de la Prévôté dans le Jura bernois estime que le législatif bernois a enfin tenu compte de sa position. Selon « Notre Prévôté », cette décision doit permettre d’éviter toute pression externe sur les communes.

Enfin, du côté du Mouvement Autonomiste Jurassien, son secrétaire général Pierre-André Comte est très remonté. Il évoque un nouveau coup de force du Grand Conseil bernois et un mépris total à l’égard du respect de la pratique parlementaire et des institutions. Il précise que le MAJ ne va rester inerte et qu’il va se réunir pour réfléchir aux mesures à adopter. /RFJ-RJB

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