Le nouveau Gouvernement pourrait redessiner l’Etat

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Le nouveau Gouvernement jurassien

Le Gouvernement jurassien est formé. Reste à voir comment il va s’organiser. Lors de la séance du 18 décembre, les cinq élus se répartiront les départements pour les cinq années à venir. A voir si le consensus prévaudra. Ce qui semble en tout cas se dessiner, c’est une refonte de la composition des ministères.

Une idée lentement germée

Avec quatre nouveaux ministres sur cinq, l’idée de la page blanche pourrait arriver à point. Lancée durant la campagne par le sortant Charles Juillard, elle pourrait aller de pair avec la création d’un département constitué des services de l’économie et des finances. Ce que d’aucuns décrivent comme un "département mammouth". Le ministre PDC s’en défend, tout dépend selon lui de la façon de composer les autres ministères. La formule doit être adaptée aux personnalités en présence, auxquelles il réserve la primeur de sa proposition, sur laquelle il a visiblement déjà planché depuis quelques temps. Des rencontres pourraient d’ailleurs avoir lieu avant la fameuse date du 18 décembre. Charles Juillard n’en fait toutefois pas un dogme, selon ses propres termes.

La droite favorable à demi-mot

Rendre les services plus facilement interchangeables entre départements semble davantage séduire à droite, toute comme l’idée d’un département de l’économie et des finances. L’autre élu PDC, Martial Courtet, estime que c’est le moment ou jamais de remettre les choses à plat avec un exécutif neuf à 80%. Il n’est cependant pas favorable à une refonte totale des ministères et considère qu’il faut avant tout assurer une certaine cohérence au sein des départements. Pour Jacques Gerber, une plus grande autonomie laissée au Gouvernement pour son organisation serait effectivement préférable, aussi pour être en mesure de s’adapter à l’évolution des défis auxquels le Jura doit faire face. Le PLR se questionne néanmoins sur le bien-fondé d’un département d’économie et finances aux mains d’une seule personne, sans y être opposé. Il attend de pouvoir se pencher sur une proposition concrète.

Gauche et centre-gauche plus critiques

David Eray ne se dit pas fermé à la discussion concernant une modification de la composition des départements, mais n’est a priori pas séduit par l’idée. Le système actuel, avec des services fixes et d’autres mobiles lui paraît logique. Quant à un département regroupant finances et économie, il n’y est pas favorable, sans fermer complètement la porte. Cela comporterait le risque selon lui de créer un manque de confiance auprès des entrepreneurs et de transparence auprès des citoyens. Pour le chrétien-social indépendant, le plus important est de dresser la liste des qualités requises pour les différents services et les confronter aux compétences des nouveaux élus. Enfin côté socialiste, Nathalie Barthoulot considère que la composition des départements n’est pas coulée dans le bronze. Elle est donc ouverte aux propositions, mais pas question de tout chambouler. Quant à un super département, elle s’y oppose et estime qu’en termes de symbole, ce serait regrouper deux domaines qui sont à distinguer.

Reste que tout ne se jouera pas au sein du Gouvernement. Si l’exécutif s’avère favorable à une refonte, le décret d’organisation du Gouvernement et de l’administration cantonale devra être modifié. Et donc obtenir une majorité au Parlement. La gauche tentera à coup sûr d’y faire barrage et pourrait brandir la menace du référendum.

Miser sur le consensus

On l’a bien compris durant la campagne, l’économie attise presque toutes les convoitises. Chacun y est allé de ses arguments pour justifier ses prétentions au poste. Mais il n’y en aura qu’un qui l’obtiendra. A ce jeu, chaque nouvel élu prône pour l’instant le consensus et une mise à profit des compétences de chacun. La seule socialiste Nathalie Barthoulot pourrait toutefois se retrouver minorisée au sein de ce Gouvernement de droite. Son très bon score et sa deuxième place au second tour du scrutin légitiment néanmoins les prétentions qu’elle pourrait faire valoir. Et du côté de la droite, on n’entend pas, je cite, jouer les gros bras… /iqu

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08.11.2015
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