Chauffard présumé devant le tribunal à Bienne

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L'affaire est jugée par le tribunal Jura bernois - Seeland à Bienne

Une course poursuite qui aurait pu mal tourner occupe le tribunal de Bienne depuis mardi matin. Un ressortissant turc domicilié à Delémont au moment des faits est notamment accusé de tentative de meurtre par dol éventuel, de délit de chauffard et d’infractions graves à la circulation routière. Le 5 juin 2013, alors qu’il n’avait pas le permis, il avait tenté d’échapper à un contrôle de police au centre de Bienne, avant d’être pris en chasse par les forces de l’ordre. Il avait ensuite forcé un barrage à l’entrée de Safnern et avait manqué de renverser un agent de police occupé à déployer une herse sur la route.

Nombreux faits contestés

La course poursuite avait commencé dans la cité seelandaise, à la rue du Marché-Neuf, vers 14h25 et s’était achevée à 15h à Pieterlen, 8km plus loin.

Si le suspect était bien au volant ce jour-là, il conteste en grande partie les faits qui lui sont reprochés. En ce qui concerne l’accusation de tentative de meurtre par dol éventuel, qui stipule qu’il n’avait pas l’intention de tuer mais connaissait les risques, il explique que jamais il n’aurait fait de mal à un policier, ni à qui que ce soit d’autre. Le prévenu explique qu’il n’aurait pas pu vivre avec un tel acte sur la conscience. Il admet s’être dirigé en direction de l’agent qui posait une herse, mais parce qu’il savait qu’il avait moins de chance de voir ses pneus crevés si le dispositif n’était pas encore à terre. Si l’agent a sauté sur le côté, c’est uniquement par peur, selon le prévenu.

Il conteste aussi la vitesse qui lui est reprochée. Selon la police, il aurait roulé à 130km/h à la route de Mâche, dans une zone limitée à 50km/h. Impossible, dit l’accusé, puisque la circulation ne permettait pas de telles vitesses. Il n’aurait pas non plus réussi à s’engager dans une ruelle sans provoquer d’accident s’il avait roulé à cette allure. /ast

Le prévenu a par ailleurs tenu à préciser qu’il s’était rendu de lui-même à la police.

« J’ai porté le chapeau »

L’accusé n’était pas seul dans la voiture, et l’homme qui l’accompagnait était déjà sous le coup d’une condamnation à la prison avec sursis. Le prévenu craignait qu’une arrestation ait des répercussions sur l’ensemble de sa famille. Il a donc aidé l’homme à s’échapper. En quittant le véhicule, ce second protagoniste aurait dit au suspect « tu sais ce que tu as à faire ». A la question du juge « qu’est-ce que ça signifiait pour vous », l’accusé a précisé que ça voulait dire qu’il devait porter le chapeau, ce qu’il avait fait.

L’audience se poursuit cet après-midi et demain. Le verdict devrait être rendu jeudi matin.

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