La gauche ne veut pas d’une baisse fiscale à Delémont

Gauche delémontaine Zoom sur « Gauche delémontaine » (touche ESC pour fermer)
Marc Ribeaud (président de la commission de gestion/PS), Michel Kohler (membre de la commission des finances/PS), Camille Rebetez (conseiller de ville CS-POP-Verts), Murielle Macchi-Berdat (présidente du PSD) et Alphonse Poupon (président de la commission des finances/PS) disent franchement "non" à une baisse de la quotité d'impôt à Delémont.

La gauche delémontaine monte au front contre le budget 2016 de la commune. Socialistes, CS-POP et Verts s’opposent fermement à la baisse de la quotité d’impôt proposée par l’exécutif. Une quotité qui doit passer de 1.95 à 1.90, en misant sur la venue de nouveaux habitants pour compenser les pertes. Le Conseil de ville de Delémont se prononcera lundi.

La gauche estime que cette proposition est risquée, soulignant que les rentrées fiscales sont stables depuis 2011. Elle dénonce un manque de vision à long terme et milite pour une gestion des finances durable. PS, CS-POP et Verts estiment que l’objectif d’améliorer la qualité de vie des Delémontains passe par le maintien de la quotité actuelle. « La baisse d’impôt voulue par la majorité permettra d’offrir un paquet de cacahuètes à chaque contribuable. En contrepartie, la dette augmentera de manière quasiment immaîtrisable », imagine le conseiller de ville Camille Rebetez.

Report d’investissements

Egalement conseillère de ville, la présidente du PS delémontain Murielle Macchi-Berdat dénonce le report de plusieurs investissements pour favoriser la baisse fiscale : « La réalisation d’un terrain synthétique aux Prés-Roses était prévue en 2017 et se fera en 2019, la rénovation des places de jeux est reportée de deux ans et le montant annuel de 200'000 francs pour l’assainissement énergétique des bâtiments diminue de moitié pour s’établir à 100'000 francs », explique-t-elle pour donner quelques exemples. Et d’ajouter avec ironie : « Nous faisons face à un ralentissement de l’économie. Le canton du Jura boucle difficilement son budget et à Delémont tout va bien ?»

La gauche affirme encore qu’une baisse de la quotité d’impôt de 0.05 n’est pas un facteur déterminant pour favoriser la venue de nouveaux habitants. « Je ne pense pas que le fait de pouvoir s’offrir trois plaques de chocolat en plus par mois soit un argument. La baisse fiscale prônée par la majorité ne rendra pas la ville plus attractive », explique Camille Rebetez.

Partisans d’une rigueur budgétaire

Les partis de gauche mettent enfin sur le tapis l’importance du degré d’autofinancement. « Avec le frein à l’endettement au niveau cantonal, l’autofinancement du Jura doit être de 80%. A Delémont, cet autofinancement sera de 66,6% l’an prochain et de 52,3% en 2018. Si la ville voulait suivre le canton, elle devrait faire l’inverse de ce qu’elle propose aujourd’hui ! », note Michel Kohler, membre PS de la commission des finances.

En conclusion, Murielle Macchi-Berdat a affirmé que la gauche n’est pas contre une baisse d’impôts, pour autant qu’elle se fasse sans report d’investissements et que la dette soit maîtrisée. PS, CS-POP et Verts estiment que ce n’est pas le cas à Delémont. La gauche est ici partisane d’une rigueur budgétaire. Le Conseil de ville aura le dernier mot lundi… /rch

Partager
Link
Météo