« Le sauvetage du Doubs est trop lent »

Pro Natura, le WWF Suisse et la Fédération suisse de pêche remontent au front au sujet du sauvetage du Doubs. Ces organisations ont publié mardi un communiqué commun. Elles estiment que le dossier n’évolue guère et que la Suisse est en train de manquer tous les délais. Elles ajoutent que si les actions de sauvetage ne s’accélèrent pas, l’écosystème unique du Doubs se dégradera rapidement.

Les associations notent que le plan d'action national présenté la semaine dernière par l'Office fédéral de l'environnement arrive avec une année de retard. Il ne pourra donc pas être évalué lors du congrès de la Convention de Berne, qui se déroule du 1er au 4 décembre à Strasbourg.

Le Jura critiqué

Le canton du Jura essuie une critique sévère à cause de son projet d’intensifier l’utilisation de l’énergie hydraulique dans un périmètre pourtant protégé de la rivière. « C’est incompréhensible, car ce projet s'oppose à une restauration rapide de la circulation des poissons. Pourtant, il est plus urgent que jamais d'agir, puisque les indices d'une nouvelle diminution des populations menacées et protégées de Roi du Doubs se multiplient », écrivent Pro Natura, le WWF et la Fédération suisse de pêche.

« C’est un cri du cœur pour le Doubs », nous a déclaré Sophie Michaud, secrétaire romande de Pro Natura. « Nous lançons un appel à la responsabilité. Des mesures doivent être prises rapidement. Notre message est de dire que le Doubs doit être une priorité, notamment dans le canton du Jura ».

La Fédération cantonale des pêcheurs jurassiens souhaite des délais

La situation actuelle du Doubs ne peut perdurer. La Fédération cantonale des pêcheurs jurassiens réagit après le communiqué commun diffusé par Pro Natura, WWF Suisse et la Fédération suisse de pêche. La Fédération cantonale des pêcheurs jurassiens nuance. Son président ne se positionne pas sur le communiqué proprement dit, qu’il n’a pas eu l’occasion de consulter, mais donne la position de la fédération sur le projet cantonal en consultation. Pour Alain Christe, la situation actuelle est la pire : les seuils existants à Belfontaine et Ocourt sont inexploités, mais infranchissables pour les poissons.

Dans sa stratégie, le canton laisse la porte ouverte à soit une exploitation de ces seuils à des conditions strictes, ce qui aurait au moins l’avantage de contraindre à la réalisation de passes à poissons, soit à une destruction de ces ouvrages, la solution privilégiée par la Fédération. La FCPJ s’inquiète toutefois qu’aucun délai ne soit fixé dans le projet cantonal. /rch + iqu + ats

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