Pierre Koller : « Chacun essaie son petit créneau ! »

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Pierre Koller souhaite que la ligne d'élevage du Franches-Montagnes reste proche de la tradition.

Un concours dans une ambiance particulière. La sélection des étalons de la race Franches-Montagnes se fait vendredi et samedi à Glovelier. Elle se tient cette année dans un contexte complexe. Les tuiles s’accumulent dans le milieu. Dernière en date pour les Jurassiens, la suppression de la subvention à l’exportation.

Quarante-huit éleveurs présenteront 59 étalons à Glovelier. Parmi eux, Pierre Koller, l’une des figures de la profession. Invité de La Matinale jeudi sur RFJ, l’éleveur de Bellelay souhaite que les étalonniers « retrouvent une unité. C’est à nous de trouver des solutions, de montrer qu’on a vraiment un cheval compétitif pour tout ce qui est loisirs. On ne doit pas seulement attendre des aides extérieures ». Mais il reconnait que « le marché est lourd et les frais à l’exportation aussi. On a du mal de trouver des clients. Il y a énormément de chevaux de basse qualité qui viennent en Suisse ». Et Pierre Koller de lancer un appel : « il faut que la population comprenne que notre cheval mérite le prix qu’on demande ».

Mais le problème pour Pierre Koller, c’est que les éleveurs ne font pas bloc. « Chacun essaie de faire son petit créneau. La fédération suisse a ouvert beaucoup de portes pour satisfaire un maximum d’éleveurs, mais si on continue comme ça, on n’aura plus une race, on aura des races au sein d’une fédération. Et ça, c’est très grave ». Et de pointer du doigt la volonté de nombreux éleveurs de tenter « de faire de l’hétérogénéité pour montrer qu’ils ont à la maison un cheval meilleur que les autres. Je ne partage pas ce point de vue. On doit garder notre ligne d’élevage pour montrer qu’on a vraiment une race très utile pour les loisirs, par son caractère et sa physionomie ».

Une qualité en légère baisse

Pierre Koller place régulièrement ses étalons parmi les meilleurs – le vainqueur du test en station 2015 à Avenches, Niagara, lui appartient – mais il ne présentera que deux sujets vendredi à Glovelier. Il est un adepte d’une sélection pointue. Il pense d’ailleurs que « la qualité sera légèrement inférieure cette année », mais celui qui est aussi juge fédéral refuse catégoriquement de changer le mode de sélection comme le réclame certains éleveurs qui veulent abolir le test en station. « Ceux qui veulent changer le mode de sélection sont les mêmes qu’il y a 25 ans. Ce mode de sélection est unique au monde. On doit prouver le caractère de notre cheval. Quoi de plus beau que de mettre tous les géniteurs de la même race dans une même écurie et de les soumettre au même traitement ? » Chaque éleveur tient sa réponse et le débat ne manquera pas de se poursuivre ce week-end à Glovelier. /clo

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