Affaire de pédophilie complexe devant les juges

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Les juges du tribunal de Moutier sont confrontés à une affaire difficile

Une affaire d’acte sexuel avec une enfant et de contraintes sexuelles occupe le tribunal de Moutier depuis lundi matin. Un jeune homme de 24 ans au moment des faits est accusé d’avoir abusé d’une jeune fille de 12 ans à de multiples reprises. Il l’aurait forcé à lui prodiguer des caresses et à pratiquer des fellations. Il est aussi question d’attouchements sur la victime. Si les faits reprochés sont clairs, le travail du tribunal n’est pas simple pour autant. Ce procès entamé en novembre dernier avait été reporté pour entendre de nouveaux témoins.

Emploi du temps à éclaircir

L’accusé a-t-il pu se trouver seul avec la jeune fille dont les parents ont porté plainte ? C’est là toute la question dans cette affaire qui oppose deux familles ressortissantes d’un pays européen et domiciliées dans le Jura bernois.

A l’époque des faits, entre 2012 et 2013, ces immigrés étaient très proches, et l’accusé passait beaucoup de temps dans la famille de la plaignante. Entendue lundi matin en tant que témoins, sa mère affirme toutefois qu’il n’a jamais pu passer plus de cinq minutes seul en compagnie de l’enfant. Elle déclare avoir toujours été présente pour garder les filles de ses amis pendant qu’ils travaillaient.

Cette version contredit l’acte d’accusation. L’avocat de la défense a relevé ces incohérences et déclare que la plaignante, fragile psychologiquement, n’a pas dit la vérité.

Des témoignages trop parfaits pour être vrais

Le procureur Pascal Fischer, dans son réquisitoire, a quant à lui rappelé que rien n’est inimaginable dans ce type d’affaire. Il ajoute que les actes d’ordre sexuel sur des enfants se produisent la plupart du temps dans le cadre de la famille ou des amis proches.

En ce qui concerne les témoignages des parents du prévenu, ils ne sont pas convaincants, selon le ministère public. Le procureur les déclare trop parfaits pour être vrais, et qu’ils ont sans doute été préparés. Il relève aussi qu’ils divergent des propos tenus lors des dépositions.

A l’époque, la mère de l’accusé avait déclaré que son fils avait pu se trouver seul avec la plaignante pendant quinze à trente minutes, et non cinq comme elle l’a soutenu à plusieurs reprises lundi. A cela s’ajoute la version contradictoire du père du prévenu, qui dit que son fils n’a jamais pu être seul avec la jeune fille.

Meilleure crédibilité pour la plaignante

En ce qui concerne les déclarations de la plaignante, le procureur relève qu’elles ont été corroborées par de nombreux témoins, notamment des membres du corps enseignant et une camarade de la jeune fille. Pascal Fischer explique qu’il a rarement vu un tel nombre de témoignages concordants en quinze ans de carrière.

Un travail ardu pour les juges

Les juges devront donc démêler le vrai du faux pour pouvoir rendre leur verdict attendu jeudi. Autant dire que leur tâche s’annonce ardue face à tant de versions divergentes. /ast

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