La déchèterie régionale à la poubelle

Le couperet est tombé sur la déchèterie régionale. Le Syndicat intercommunal du district de Porrentruy a annoncé mercredi l’abandon de ce projet. Seules cinq communes ont répondu positivement au sondage. À savoir, Basse-Allaine, Beurnevésin, Clos du Doubs, Courchavon et Porrentruy. Avec environ 10'000 habitants, le coût de cette infrastructure et de son fonctionnement se monterait à 40 francs par personne et par année. C’est trop, selon les porteurs du dossier. Alors que si la barre des 15'000 habitants avait été franchie, il se serait abaissé à 30 francs. Impossible, selon les maires motivés, de réduire le concept de déchèterie régionale en diminuant par exemple les jours d’ouverture, puisque c’était le principal avantage de ce projet.

 

Plusieurs arguments en faveur du non

 

Dix-sept communes ont donc répondu non à la question : Acceptez-vous de céder au SIDP vos compétences en matière de gestion des déchets pour la déchèterie régionale ? Nous avons contacté les maires de quelques-unes de ces localités. Ils estiment qu’ils fournissent déjà un service de qualité, surtout un service de proximité pour une population parfois vieillissante. Il semble également que les citoyens ne réclament pas une ouverture quotidienne des déchèteries. Pour certains, l’aspect développement durable a aussi pesé dans la balance. Il paraissait peu logique de construire de nouvelles installations alors que de petites infrastructures communales existent déjà. Finalement, l’autonomie des communes est en jeu. Et à l’heure où la centralisation devient la règle, la gestion des déchets est farouchement défendue par les exécutifs.

 

Le Canton veut encore y croire

 

Ce projet répondait à un postulat déposé au Parlement en 2006. Dès 2009, le Gouvernement proposait d’uniformiser la gestion des déchets, à travers un Réseau de déchèterie régionale du Jura, mais en laissant la gestion du dossier aux différents syndicats. Avec ce premier refus et une lenteur dans les autres districts, ce dossier a du plomb dans l’aile. David Eray, ministre en charge de l’environnement, estime que « tôt ou tard, des choses vont être mises en place ». La réflexion va être relancée, selon lui, par les utilisateurs qui en auront assez de mettre par exemple des berlingots dans des sacs taxés, alors que ces déchets pourraient être recyclés. Selon le ministre, il faudra donc attendre que les mœurs évoluent. Entre-temps, les tarifs pour le ramassage vont augmenter. Chaque commune devra donc réfléchir seule à la gestion de ces déchets et surtout au maintien des coûts. /ncp

Partager
Link
Météo