« La boille de lait est pleine »

Des agriculteurs qui touchent le fond. L’expression a été reprise par plusieurs interlocuteurs vendredi matin lors de l’assemblée générale de la Chambre jurassienne d’agriculture. Environ 150 personnes, dont une centaine de membres, se sont rendues à St-Brais pour évoquer le monde agricole et ses nombreux défis. La problématique du prix du lait a été rapidement mise sur le devant de la scène. Un participant a d’ailleurs demandé d’ajouter un point à l’ordre du jour pour évoquer de manière plus spécifique le marché laitier en crise.

 

Quel avenir pour les producteurs de lait ?

« La boille est pleine ». Ce sont les propos du directeur de la CJA. Michel Darbellay rappelle qu’actuellement le producteur reçoit 52 centimes le kilo de lait. Une nouvelle baisse, de 1 à 2 centimes, pourrait intervenir dès le 1er avril. De nombreux agriculteurs se sont exprimés sur cette thématique, interpellant les politiciens présents notamment les élus jurassiens aux chambres fédérales, pour qu'ils agissent en faveur du monde agricole. L’un d’entre eux a critiqué les marges colossales appliquées par les transformateurs et les distributeurs. Selon ce paysan, il faut prendre des mesures concernant ces géants de la grande distribution qui « s’en mettent plein les poches » au lieu « de taper sur l’agriculteur ». D’autres ont pointé du doigt la surproduction de lait qui fait baisser les prix. Le nombre de fédérations de producteurs de lait pose également problème. Selon un autre paysan, il faudrait rassembler les 17 fédérations présentes en Suisse afin d’avoir plus de poids face aux transformateurs. Le directeur de la MIBA, la fédération qui achète le lait dans les fermes jurassiennes, a relevé que la fusion prochaine avec Nordostmilch va dans ce sens. Christophe Eggenschwiller ajoute que cette nouvelle entreprise regroupera 4'500 producteurs pour 600 millions de kilos de lait. Cette nouvelle fédération laitière représentera ainsi le quart du marché suisse.

 

Des paysans mal défendus

L’association des Producteurs suisses de lait a été la proie des critiques. Cette organisation doit défendre les intérêts des agriculteurs lors de négociations sur le prix du lait. Mais la baisse est constante et la PSL semble démunie. Un paysan a demandé de stopper les cotisations pour cette association qui « ne fait pas son travail ». Une décision de principe a été prise à l'unanimité vendredi matin. La Chambre jurassienne d'agriculture compte modifier les statuts de la PSL afin de rendre cette cotisation volontaire. Les producteurs de lait jurassiens versent, en fonction des quantités produites, environ 130'000 francs pour son fonctionnement. Michel Darbellay a souligné que la PSL doit faire ses preuves afin de démontrer son utilité. /ncp

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