Une histoire belge...

Piétonnier à Bruxelles après les attentats Zoom sur « Piétonnier à Bruxelles après les attentats » (touche ESC pour fermer)
Témoignages de soutien à Bruxelles, mardi, après les attentats (photo: Twitter)

Au lendemain des attentats de Bruxelles, Alexandre Steiner a sorti sa plume pour répondre aux bombes. Un commentaire touchant, diffusé dans La Matinale et que nous vous proposons ici.

C’est l’histoire d’un Belge et d’un djihadiste qui se rencontrent à l’aéroport…


C’est l’histoire d’une femme qui part au travail en métro quand soudain lui arrive un truc improbable…


C’est une histoire qui commence comme une blague de comptoir et qui se termine dans les larmes…


C’est l’histoire d’une violence inexplicable et inexcusable qui nous frappe en plein cœur pour la troisième fois, et que l’on craint de voir devenir banale…


Le 7 janvier 2015, Charlie s’est fait attaquer et je suis resté prostré devant ma télé, en larmes.


Le 13 novembre 2015, Charlie m’avait rappelé qu’il fallait pouvoir rire de tout, alors j’ai envoyé des blagues 1h après le début des attentats, mais 1h après, c’est trop tôt…


Hier, Bruxelles a saigné et mon cœur s’est une nouvelle fois serré… devant tant d’absurdité je me suis contenté d’écrire sur Facebook un tout autant absurde et laconique « Je suis une frite », qui se voulait drôle sans vraiment l’être…


En tant que journalistes, nous voulons toujours comprendre, expliquer, analyser. Nous voulons trouver des coupables, montrer que tout à une signification.


Forcément, sinon à quoi bon ?


Aujourd’hui je me réveille un peu désabusé. Je n’ai plus envie de comprendre ni d’expliquer. J’ai le sentiment de vivre dans un monde où les gens, les cultures, ne se comprennent plus, pour des raisons qui m’échappent.


Depuis le 7 janvier 2015, tout le monde a tour à tour été Charlie, Nigéria, Kenya, Tunisie, Paris, Réfugiés…


Aujourd’hui nous sommes Bruxelles, puis nous oublierons, jusqu’à ce qu’un autre attentat nous offre l’opportunité d’être à nouveau…


Demain je veux juste être un humain vivant avec d’autres humains.


Demain je veux pouvoir leur raconter une histoire belge et rire de bon cœur, parce que, paraît-il, c’est bon pour la santé.


Mais nous ne sommes pas demain, et aujourd’hui je vais me contenter de vivre, et d’apprécier cette chance.

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