Le sucre n’adoucit plus les betteraviers

Betterave Zoom sur « Betterave » (touche ESC pour fermer)
Un champ de betteraves fraîchement semé au-dessus de Charmoille

Le sucre suisse vit une période compliquée. Les producteurs sèment en ce moment les betteraves. A Charmoille, Fabrice Nagel, un des plus grands producteurs du Jura, exploite 10 hectares de cette culture contingentée. Le prix de base est aujourd’hui fixé à 37 francs la tonne. C’est quatre fois moins qu’il y a une dizaine d’années. Cette baisse de prix s’explique par la pression des produits étrangers suite à la libéralisation des marchés. Selon Fabrice Nagel, il est devenu plus facile d’importer du sucre brésilien ou européen, plutôt que de produire localement. L’agriculteur ajoulot souligne aussi que les taxes à l'importation s’élèvent à environ 40 francs la tonne, alors que pour l’exportation la taxe se monte à 400 francs la tonne.

 

Une sous-production en 2016

Suite à cette baisse des prix, certains agriculteurs ont décidé d’arrêter cette culture. Des contrats pour produire de la betterave n’ont donc pas été repourvus. La société Sucre Suisse annonce un manque d'environ 1000 hectares de betteraves. Pour pallier ce problème, certains producteurs ont reçu l’autorisation de produire plus, ce qui n’est pas le cas en Ajoie, alors que des agriculteurs ont pourtant proposé de cultiver 200 hectares supplémentaires. Sucre Suisse explique ce refus par un coût des transports trop important depuis les gares de Porrentruy et d'Alle.

La société Sucre Suisse teste également une autre solution. Elle va exploiter 100 hectares de betteraves en Allemagne. L’entreprise explique, selon Fabrice Nagel, qu’en produisant à l’étranger, les prix pourront être garantis pour les agriculteurs suisses. Une aberration, selon l’exploitant de Charmoille. /ncp

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