Accusées d’escroquerie pour plus de 200'000 francs

Deux femmes sont jugées par le Tribunal de première instance à Porrentruy depuis jeudi matin. Les prévenues sont accusées de vol, d’escroquerie par métier et éventuellement d’extorsion et chantage par métier, ainsi que d’infraction à la loi sur la circulation routière pour l’une d’entre elles. Neuf parties plaignantes figurent dans l’acte d’accusation, dont trois étaient présentes à l'audience. Au total, plus de 200'000 francs, selon le Ministère public, ont été soutirés à sept hommes entre mai 2009 et fin 2011.

Un sacré pouvoir de persuasion

« Quel est votre secret ? » C’est la question posée à la principale prévenue par le président de la Cour. Pascal Chapuis a tenté de comprendre comment l’accusée est parvenue a soutiré autant d’argent à plusieurs hommes en moins de trois ans. « Je ne sais pas. Aujourd’hui je ne comprends pas ce qui s’est passé à cette période-là », a répondu la jeune maman kosovare de 31 ans. « Je rencontrais ces hommes. Ils me disaient qu’ils me trouvaient belle. Je leur demandais de l’argent et ils me le donnaient ». La prévenue nie ainsi avoir induit en erreur les plaignants en déclarant des affirmations fallacieuses pour que ces derniers lui donnent de l’argent. « Pour moi, il n’a jamais été question de rembourser la plupart des hommes qui m’ont donné de l’argent car il s’agissait de dons », a-t-elle précisé.

Promesses de remboursement

La seconde prévenue a reconnu avoir soutiré de l’argent à quatre des 7 hommes en se présentant sous un faux nom et en indiquant travailler au Crédit Suisse dans le but de les mettre en confiance. La jeune femme de 34 ans a expliqué avoir collaboré avec la première entre l’été et la fin de l’année 2011, mais qu’elle a toujours promis aux plaignants qu’elle allait les rembourser, au contraire de sa complice.

Les trois hommes présents lors de l’audience ont démenti tous les propos des prévenues. Selon eux, ils ont été les proies de prédateurs. « J’ai été manipulé et j’ai agi sous la contrainte et la menace », a indiqué l’un d’entre eux.

Réquisitoire du Ministère public

Pour la procureure, le comportement des deux prévenues au moment des faits est odieux. « Elles ont agi comme des escrocs professionnels. Elles ont profité de la bonté, de la faiblesse et de l’âge de sept hommes pour les escroquer en inventant des histoires farfelues », a déclaré Frédérique Comte. La procureure a ainsi requis 36 mois de peine privative de liberté, dont 18 mois avec sursis partiel pendant 4 ans à l’encontre de la principale prévenue. Elle a été plus indulgente envers la seconde qui n’est pas impliquée dans tous les cas de l’affaire. Celle-ci a par ailleurs reconnu les faits qui lui sont reprochés, elle s’est excusée auprès des victimes et a déclaré regretter ses actes. Ainsi, le réquisitoire du Ministère public réclame 18 mois de prison avec sursis pendant 3 ans.

Acquittement demandé

Les avocats des deux prévenues ont reconnu le vol reproché à leurs clientes respectives mais ils ont tous deux demandé l’acquittement pour l'accusation d'escroquerie par métier et éventuellement extorsion et chantage par métier. Dans leur argumentaire, ils ont tenté de démontrer que les plaignants ont agi plus librement et volontairement qu'ils le prétendent en acceptant de donner de l’argent aux prévenues.

Le verdict sera rendu ce vendredi à 17h. /afa

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