Les temps sont durs pour les abattoirs

Les abattoirs jurassiens vivent des instants difficiles. A l’heure du franc fort, beaucoup de consommateurs de la région traversent la frontière pour acheter leur viande en France. A cela s’ajoute l’adoption de normes de plus en plus strictes imposées aux abattoirs pour l’aménagement de leurs locaux et leurs installations. Selon Proviande, l’interprofession suisse de la filière viande, citée lundi par la Tribune de Genève, la hausse de la consommation de volaille ne facilite en rien la tâche des petits abattoirs suisses et jurassiens.

Les Suisses ont consommé 1,5% de plus de volailles suisses en 2015, par rapport à 2014. C’est ce que révèlent les chiffres de Proviande. En revanche, on a observé des diminutions significatives dans la consommation d’autres viandes suisses: moins 1,9% pour le bœuf, moins 3,7% pour le porc ou encore moins 5% pour le veau. Proviande explique ce phénomène par le fait que la volaille coûte moins cher et est moins grasse que les autres types de viande.

Divers écueils se dressent

Le problème qui se pose, c’est que les petits abattoirs jurassiens ne peuvent pas produire de volaille. Ce sont seulement des structures spécifiques qui s’y attellent. Selon Sébastian Klötzli, directeur d'un des abattoirs les plus importants du canton du Jura, c’est le consommateur qui détient les clés. Il estime que les Jurassiens sont encore de bons élèves et qu’ils consomment beaucoup de viande locale. Reste que les temps sont durs selon lui et que les perspectives ne sont pas des plus réjouissantes.

Sébastian Klötzli affirme par ailleurs que les normes imposées aux abattoirs sont de plus en plus strictes et difficiles à mettre en place. D’après lui, les structures jurassiennes sont trop petites et les responsables d’abattoirs manquent de place pour répondre à toutes les exigences. Sebastian Klötzli a engagé un combat au quotidien pour maintenir son établissement à flots, avec l’investissement en temps et en argent que cela comporte. /mle

Partager
Link
Météo