Appel perdant pour le braqueur de la BCJ de Courgenay

Il a fait appel, mal lui en a pris… L’auteur du braquage de la BCJ de Courgenay, en juillet 2014, avait été condamné en novembre dernier à trois ans de prison ferme par le Tribunal de première instance à Porrentruy. Un nouveau verdict a été prononcé ce mardi par la Cour pénale : l’homme de bientôt 63 ans est finalement condamné à quatre ans de prison ferme – soit un de plus – pour brigandage, prise d’otage, actes préparatoires de brigandage, vol mineur et infractions aux lois sur les armes et la circulation routière.

Le prévenu contestait l’accusation d’actes préparatoires de brigandage. Après le délit commis à Courgenay – lors duquel il a « ramassé » plus de 70'000 francs – l’homme a été arrêté à Delémont en décembre 2014, au volant de sa voiture. La police avait alors trouvé dans le véhicule une arme, des munitions, un sac et une casquette. La justice avait déduit que le malfrat s’apprêtait à commettre un nouveau brigandage.

Pas une preuve pour la défense

Or, ce mardi, la défense a contesté ce point. Elle a estimé que la présence de ce matériel dans l’automobile n’était pas une preuve. « Il faut l’existence d’un plan établi, mais l’accusation n’en a pas. On ne peut donc pas affirmer que le prévenu était au seuil d’un nouveau brigandage. Le Ministère public ne fait que supposer des choses », a déclaré Maître Hubert Theurillat, qui a plaidé pour une peine de deux ans de prison avec sursis partiel pendant un an. L’avocat a également rappelé que son client avait commis à Courgenay un braquage sans violence, ni agressivité.

« Il avait bien l’intention de passer à l’acte une nouvelle fois »

De son côté, le Ministère public a requis quatre ans de prison ferme. « Le prévenu a été arrêté alors qu’il faisait une boucle en voiture à Delémont. On a dans la foulée retrouvé une arme, des munitions, une casquette et un sac. Il avait donc bien l’intention de passer à l’acte une nouvelle fois. Cet homme n’est pas un naïf, il faut voir ses antécédents. A Courgenay, il avait agi avec détermination, sans perdre son sang-froid. Il n’y a jamais eu de sa part ni prise de conscience, ni regrets. De plus, il a toujours donné de mauvaises justifications quant à sa présence à Delémont en décembre 2014 », a déclaré la procureure Frédérique Comte.

Le juge suit le Ministère public

Une heure après la plaidoirie et le réquisitoire, le juge Gérald Schaller a tranché : il a suivi le Ministère public à la lettre, en prononçant une peine de quatre ans ferme sous déduction des seize mois que le prévenu a déjà passé à la prison de Delémont. Le maintien en détention a ainsi été dicté. « L’appelant a été incapable d’expliquer les raisons de sa venue à Delémont. Ses déclarations sont incohérentes, ce qui lui enlève toute crédibilité. Il n’a pas pu justifier non plus la présence d’une arme et de munitions dans sa voiture. Le prévenu avait par ailleurs laissé son téléphone portable chez lui, dans le canton de Soleure. Sans oublier que lors de son arrestation, sa situation financière était similaire à celle d’avant le braquage de Courgenay », a expliqué le juge. Et Gérald Schaller d’ajouter : « Nous avons la conviction que le prévenu voulait commettre un nouveau brigandage. Sa culpabilité est grave. Il a agi à Courgenay avec un sang-froid digne d’un professionnel. L’homme est aussi un récidiviste : sa première peine n’a eu aucun effet ».

Rappelons que l’homme avait effectivement déjà été condamné en 2000 à six ans de prison pour avoir commis plusieurs brigandages, dont celui d’une banque de Chevenez en 1998. Ses antécédents n’ont donc pas parlé pour lui.

Le braqueur est ainsi retourné immédiatement en prison, menotté et sous escorte policière… /rch

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