Du Non Filtré dégusté au Japon

Certains vignerons neuchâtelois poussent plus loin que d’autres la quête de nouveaux clients. Nicolas Ruedin, du domaine Valentin à Cressier, est l’un d’eux. Il organise une dégustation de son Non Filtré à Tokyo et à Osaka, au Japon, au mois de mars prochain. Ce viticulteur-encaveur est présent depuis une dizaine d’années dans le pays du soleil levant. Il y propose déjà du Non Filtré, en petites quantités, depuis deux ans et y constate une demande croissante.

Nicolas Ruedin est l’un des rares Neuchâtelois à exporter son vin en Asie, aux côtés du Château d’Auvernier qui réserve également une petite partie de sa production au Japon, en moyenne 700 bouteilles par année.

L’an prochain, le Non Filtré du domaine Valentin voyagera par bateau, avec une escale à Gênes, dans des containers réfrigérés.

Les voyages réguliers de Nicolas Ruedin au Japon lui ont permis de découvrir que les Japonais avaient leur propre Non Filtré, un vin trouble qui est toutefois plus acide que la version neuchâteloise.

Nicolas Ruedin a par ailleurs bénéficié d’un joli coup de pub, grâce à son importateur sur place. Un dessin d’une bouteille du domaine Valentin apparaît ainsi dans le manga « La Sommelière », dédié au vin.

Un marché qui se développe en Chine

Le Japon n’est toutefois pas le seul pays d’Asie qui intéresse Nicolas Ruedin. Le viticulteur-encaveur essaie aussi de se faire sa place en Chine depuis deux ans. C’est avant tout le vin rouge qui séduit la clientèle chinoise. Il faut savoir que la traduction en chinois de « vin blanc » signifie « mauvais vin », selon Nicolas Ruedin, qui explique aussi le succès du vin rouge par la symbolique de la couleur rouge en Chine, qui est celle du drapeau et qui est supposée porter chance.

Ses premières livraisons ont porté sur 1'000 bouteilles. Aujourd’hui, l’ensemble de la production de Gamaret du domaine Valentin part en Chine, soit environ 3'000 bouteilles. De manière générale, Nicolas Ruedin réserve en moyenne 10% de sa production à l’Asie. Entre 30 et 40% de ses vins se vendent à l’intérieur des frontières cantonales et le pourcentage restant est dédié au reste de la Suisse.

Aux yeux de Nicolas Ruedin, la consommation de vin en Chine prend gentiment son essor, les alcools forts étant encore largement appréciés par la gent masculine et dans les campagnes. Le vin commence à séduire dans les grandes villes et surtout les femmes, selon lui. Les amateurs ne sont toutefois pas encore toujours au clair sur la manière de le déguster. Nicolas Ruedin a notamment pu voir des bouteilles de rouge entreposées en plein soleil… /sbe

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