Le projet de géothermie profonde devant la justice

audience géothermie profonde Zoom sur « audience géothermie profonde » (touche ESC pour fermer)
Les opposants au projet de géothermie profonde se sont rassemblés devant le tribunal mercredi matin peu avant l'audience pour montrer leur opposition à la future centrale.

Le projet de géothermie profonde se trouve dans les mains de la justice jurassienne. La Cour administrative de Tribunal cantonal a tenu une procédure d'instruction mercredi à Porrentruy. Une audience qui fait suite à un recours collectif déposé par neuf voisins du potentiel futur site à Glovelier contre le plan spécial et le permis de construire adoptés par le Gouvernement. Six d'entre eux ont ainsi exposé leurs arguments à la juge Sylviane Liniger-Odiet. Tous habitent entre 100 mètres et deux kilomètres de la future centrale. Ils ont tout d'abord répondu à une question identique de la juge «En quoi vous estimez-vous touché par ce projet?». Les réponses les plus fréquentes ont été les risques de séismes, les dangers de pollution de la nappe phréatique et les nuisances sonores liées au forage et à l'exploitation de la centrale qui se dérouleront 24 heures sur 24 et cela 7 jours sur 7.

Intérêts personnels divergents

Mais tous n'ont pas insisté sur les mêmes critères en fonction de leurs intérêts personnels. Le propriétaire de la ferme La Croisée, qui se situe à une centaine de mètres du futur site, craint ainsi essentiellement le bruit que la centrale engendrera et l'impact que cela aura sur son bétail. Il estime que cela ne sera pas viable. Deux autres recourants ont pour leur part plutôt insisté sur les risques de séismes dus au forage et donc le danger pour les bâtiments anciens ou la faune environnante. 

Arguments démentis par les partisans

Les parties favorables à la centrale de géothermie profonde ont par la suite également été interrogées par la juge Sylviane Liniger-Odiet et ont répondu de manière très précise et technique, voulant ainsi démontrer le sérieux du projet en se basant sur le travail et les différentes études et autres rapports réalisés jusque-là. Les promoteurs de la société Géo-Energie Suisse SA, les représentants de Swissi SA, mandatés par l'OPAM (l'ordonnance sur la protection contre les accidents majeurs), les représentants du Gouvernement jurassien, celui de l'Office de l'environnement ou encore de la commune de Haute-Sorne, ont tous défendu le projet-pilote à Glovelier.

Verdict pas avant l'été

Dans l'après-midi, la juge a abordé quatre thèmes sur lesquels elle a interrogé les diverses parties, à savoir la sismicité, le risque d'accidents majeurs, le bruit et le danger de pollution des eaux souterraines. Les auditions ont duré au total plus de huit heures. Le verdict ne tombera pas avant l'été. /afa

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