«Il est humilié constamment»

Sophie Dumortier Zoom sur « Sophie Dumortier » (touche ESC pour fermer)
Sophie Dumortier et Gérald, photographiés par une gardienne de la prison qui a demandé 3 dollars pour la prise de la photo. Même s'il est difficile de le voir, ils sont séparés par une vitre blindée. En haut à droite, le téléphone qui leur a permis de se parler.

Seize heures. C’est ce que Sophie Dumortier a pu passer près de son correspondant, un homme condamné à mort, qui vit dans une prison du Texas depuis 22 ans. Seize heures, mais en quatre fois. Deux jours fin avril. Deux jours début mai. Cette citoyenne des Genevez se rend chaque année aux Etats-Unis pour échanger de visu (ou presque) avec Gérald. Elle a témoigné de son voyage mardi dans La Matinale sur RFJ.

Tout est sur écoute

Les rendez-vous entre prisonniers et visiteurs restent distants. S’ils peuvent se voir et s’entendre, impossible pour eux d’échanger une poignée de main puisqu’une vitre blindée les sépare, et c’est par téléphone qu’ils communiquent (voir photo). « Gérald est assis sur un tabouret métallique. Parfois il grelotte parce que la température change régulièrement de son côté ». Et Sophie Dumortier de dénoncer les conditions de détention. « On ose dire que c’est de la torture ».

La vie quotidienne d’un condamné à mort

Car la journée-type d’un homme dans le couloir de la mort démarre à trois heures du matin. « On leur apporte le déjeuner à cette heure-là. Or, s’ils ne se réveillent pas, ils n’ont rien. » Tout semble construit pour perturber leur quotidien. « Ils n’ont quasiment aucun contact visuel avec les autres prisonniers. Ils doivent changer de cellule régulièrement. Ils connaissent les voix, mais pas les visages. Gérald passe pratiquement 24h/24h dans sa cellule » explique Sophie Dumortier, qui précise qu’elle « peut comprendre qu'une personne soit punie de liberté à vie, mais on a le droit au respect. On n'a pas le droit de traiter une personne de façon pire qu'un animal. L'humiliation est constante. Respecter chaque personne, c'est dans les Droits de l'Homme ». / clo

Prenez le temps d’écouter l’intégralité de l’interview (uniquement depuis la version classique du site internet).

Première partie - La rencontre en cellule

Deuxième partie - Le quotidien d'un condamné à mort

Lifespark est une association qui permet d'entretenir des correspondances avec des condamnés à mort. Sophie Dumortier en est membre. Pour plus d'infos, vous pouvez joindre Sophie Dumortier au 032 484 02 30.

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