Saucisses bien amères devant le Tribunal de Porrentruy

Un fabricant de saucisses de la région a été condamné par la justice jurassienne mardi matin. Le Tribunal de Porrentruy a reconnu cet homme coupable d’infraction à la Loi fédérale sur les denrées alimentaires et les objets usuels, ainsi que d’insoumission à une décision de l’autorité. Il a écopé de 60 heures de travaux d’intérêt général et d’une amende de 500 francs.

Hygiène déplorable

Le prévenu a été rattrapé par sa passion pour la production de saucisses, pour reprendre la formule de son avocat, Maître Huart. Ce Jurassien – condamné pour la huitième fois – s’était vu signifier en 2013 l’interdiction de produire et de vendre des produits alimentaires. Ce qui ne l’a pas empêché de recommencer. Lors d’une perquisition en juin 2015, des contrôleurs ont retrouvé dans son « laboratoire » des traces de sang sur les machines, de la marchandise pourrie, des moisissures et des crottes de rongeurs. Inutile de préciser que les mesures d’hygiène et les normes de fabrication n’ont pas été respectées. « J’ai fait des saucisses pour moi et mon entourage. C’est du harcèlement !», s’est exclamé le prévenu, précisant que son matériel était neuf, et donc pas insalubre. « Vous aviez l’interdiction de produire », a sèchement répondu le juge Pascal Chappuis, ajoutant que l’homme avait été vu au marché de La Chaux-de-Fonds. « Il faut bien que je vive de quelque chose. Je n’ai pas de travail, ni d’argent », a rétorqué le prévenu.

Dernière chance

Selon la défense, seule une thérapie chez un psychologue peut être efficace contre la récidive. Mais le juge ne l’a pas entendu de cette oreille : « Le prévenu dit regretter, mais il recommence toujours. Il se moque de la justice et ment à tout le monde», a déclaré Pascal Chappuis. La peine prononcée, sans sursis, est donc une dernière chance : l’homme effectuera ses travaux d’intérêt général et paiera son amende, faute de quoi, ce sera la prison. « Les peines pécuniaires, ça ne marche pas. Les jours-amende vous font l’effet d’une goutte d’eau sur les plumes d’un canard », a encore dit Pascal Chappuis au prévenu. /rch

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