Sensibiliser sur l’excision

Une cinquantaine de personnes ont pris part à la journée de sensibilisation à Delémont. Zoom sur « Une cinquantaine de personnes ont pris part à la journée de sensibilisation à Delémont. » (touche ESC pour fermer)
Une cinquantaine de personnes ont pris part à la journée de sensibilisation à Delémont.

Prévenir la pratique de l’excision dans la région. C’est l’objectif de Caritas Suisse, du Centre sexuel – planning familial Jura et du Centre d’animation et de formation pour femmes migrantes (CAFF). Ces trois organisations ont mis sur pied samedi à Delémont une journée de sensibilisation destinée à la communauté érythréenne du Jura. Une cinquantaine de personnes ont pris part à la manifestation. Des ateliers étaient proposés le matin aux personnes intéressées. L’après-midi fut, lui, consacré à une discussion avec plusieurs représentants religieux, médical et judiciaire.

Un acte interdit et punissable   

Tout comme son collègue chrétien, l’imam de Delémont, Mohammed Filali, a insisté sur le fait qu’aucun texte n’obligeait la femme à subir une excision. « Au contraire, la religion musulmane prône une égalité entre l’homme et la femme qui sont censés jouir du même plaisir sexuel », selon Mohammed Filali.

La procureure, Valérie Cortat, a souligné que le Code pénal suisse contenait une disposition relative à l’excision depuis 2012. Celle-ci réprime toute forme de mutilation génitale féminine par des peines pouvant aller jusqu’à dix ans de prison. « Tout ce qui tourne autour de l’excision, tant la préparation de l’acte qu'un voyage dans le pays d’origine pour le pratiquer sont des comportements réprimés », indique Valérie Cortat.

L’importance du dialogue

Les excisions pratiquées dans le Jura restent toutefois peu connues. La procureure a d’ailleurs reconnu que le nouvel article du Code pénal n’avait débouché sur aucune procédure à sa connaissance. « En plus de la loi, le dialogue avec les différentes communautés est essentiel car il faut leur faire comprendre que l’excision a de lourdes conséquences, tant physiques que psychiques », selon Nadia Bisang, responsable de la prévention contre l’excision chez Caritas Suisse. /alr           

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