Des entreprises de pompes funèbres mêlées à une sordide affaire

La justice se penche sur des pratiques douteuses dans plusieurs entreprises de pompes-funèbres de la région. Suite à une dénonciation, le ministère public jurassien a ouvert en début d’année une instruction contre inconnus pour atteinte à la paix des morts et escroquerie.

Dans le cadre des premiers éléments de l’enquête, il est apparu qu’à l’issue de certaines cérémonies, le défunt n’était pas conduit le jour même au crématoire de La Chaux-de-Fonds, mais déposé dans un local annexe du funérarium. L’instruction a également permis d’établir qu’à plusieurs reprises, les entreprises de pompes funèbres ont conduit plusieurs défunts jusqu’à la cité neuchâteloise dans le même véhicule, en facturant des trajets séparés. Le crématoire chaux-de-fonniers est toutefois hors de cause. Les actes d’enquête ont permis de relever qu’il était géré avec rigueur.

Pas encore d'inculpations

Le Ministère public va encore procéder à des auditions et à des vérifications. Personne n'a encore été inculpé pour l'instant. Selon Laurie Roth, l’instruction ne permet pas, à ce stade, de révéler qui sont les entreprises concernées en vertu d’un intérêt public prépondérant. Des noms ont toutefois été révélés mercredi matin dans la presse. Dans le magazine « L’Illustré », le nom de l’entreprise familiale « Pompes funèbres Delémont ARC-Jura Voisard » est citée comme étant au cœur de la tourmente. Le fils, Jérôme Voisard y confirme avoir été auditionné en tant que « personne appelée à donner des renseignements ». Nous avons joint son père, Romain Voisard. Il souhaite prendre connaissance de l’affaire, avant de s’exprimer mercredi après-midi.

Du côté de « l’Association jurassienne des entreprises familiale de pompes funèbres » c’est le soulagement et la satisfaction qui sont de mise suite à l’ouverture de cette instruction. L’entité qui réunit Cédric Roy, David Comte, Dominique Theurillat et Philippe Comment s’était créée en décembre dernier pour dénoncer les pratiques qui sont actuellement au cœur de l’enquête. Son président, Cédric Roy nous a confirmé avoir été auditionné en janvier concernant cette affaire. Il espère qu’elle contribuera à la réintroduction d’une autorisation de pratiquer, ainsi qu’à une surveillance étatique, ce qui n’est plus en vigueur depuis 2008 dans le Jura. /emu

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