Les politiques s’emparent des déchets sauvages

Une véritable prise de conscience politique du phénomène de littering, l’anglicisme qui définit l’abandon de déchets sauvages sur la voie publique. En l’espace d’une semaine, pas moins de 4 interventions d’élus jurassiens visent à réprimander les personnes qui font preuve d’irrespect. Mercredi dernier au Parlement, le député Edgar Sauser (PLR) a posé une question orale dans ce sens. Le même jour, les députés Thomas Stettler (UDC) et Pauline Queloz (PDC) ont chacun déposé une motion similaire qui demande au Gouvernement d’élaborer des bases légales afin d’uniformiser la réglementation sur tout le territoire cantonal. Enfin, cette semaine en principe, « incessamment sous peu » nous assure-t-on, la commune de Porrentruy déposera son initiative communale à la Chancellerie cantonale. La cité des Princes-Evêques souhaite simplifier les procédures juridiques pour amender plus facilement et plus rapidement les personnes prises en flagrant délit. Le texte sera soumis au peuple s’il reçoit d’ici un an, le soutien de 5 communes, ce qui devrait être facile à obtenir.

Et tout cela intervient dix jours après le refus du Conseil national d’édicter des lois suisses. Une majorité d’élus fédéraux a estimé que ce phénomène devait être géré sur le plan cantonal et communal, mais pas national.

Le Jura n’est pas pionnier en la matière. Plusieurs cantons ont déjà édicté des règles pour sévir, à l’instar de Bâle-Campagne, Soleure, Vaud ou encore Thurgovie. Mais il prend le train parce qu’il en a marre de voir ces déchets. Mercredi, le ministre de l’Environnement David Eray a donné ce chiffre : 268m3 ramassés en 2015 aux bords des routes jurassiennes, n’hésitant pas à utiliser la formule « crime écologique ».

« Il faut passer à la répression »

Mardi, La Matinale a invité les deux députés qui ont déposé des motions à avancer leurs arguments. Tout en saluant l’initiative de Porrentruy, les députés penchent pour une réglementation cantonale. « Il serait illogique d’être sanctionné en jetant un déchet sur le territoire de Porrentruy, puis de pouvoir les jeter librement une fois passé le rond-point du dinosaure », image Pauline Queloz.

Les deux élus estiment que l’heure est désormais à sévir dans ce domaine. Des amendes qui pourraient être mises par les policiers, mais aussi les employés communaux « parce que ce sont les premiers concernés » argumente Thomas Stettler, pour autant qu’ils soient « formés et assermentés » précise Pauline Queloz. Quant au montant de l’amende, Thomas Stettler estime que « 100 francs, c’est le minimum ». /clo

Retrouvez l’interview de Thomas Stettler et Pauline Queloz ci-dessous (uniquement depuis la version classique du site internet).

Première partie : pourquoi un texte quasi similaire ?

Deuxième partie : comment punir, concrètement ?

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