Tireur de Tavannes face aux juges

Le coup de feu avait été tiré aux services sociaux de Tavannes situés dans le bâtiment de l'administration communale Zoom sur « Le coup de feu avait été tiré aux services sociaux de Tavannes situés dans le bâtiment de l'administration communale » (touche ESC pour fermer)
Le coup de feu avait été tiré aux services sociaux de Tavannes situés dans le bâtiment de l'administration communale

Le tireur des services sociaux de Tavannes passe devant la justice. Le jeune homme de 19 ans au moment des faits doit notamment répondre d'infractions à la loi sur les armes, de mise en danger de la vie et de séquestrations. Il fait face depuis mardi matin à 11 plaignants, tous présents au moment des faits. Le dernier n’était pas présent à l’audience.

Rappel des faits

Il est environ 16h15 le 4 mars 2015 lorsque le prévenu fait irruption dans les services sociaux de Tavannes, armé d'un fusil de chasse à double canon. Depuis la cage d'escalier du bâtiment, il tire un coup de feu dans un mur. Selon l'acte d'accusation, ce coup de feu dans un endroit de passage aurait pu toucher et tuer quelqu'un. Les personnes présentes se sont alors réfugiées fans des bureaux, et le tireur est entré dans l'un d'entre eux. Il s'est retrouvé avec deux stagiaires. Il leur a demandé d'appeler la police et de lui dire qu'il avait besoin de dix minutes pour parler. Il leur a alors expliqué sa situation par rapport aux services sociaux. A l'arrivée de la police, il a demandé quinze minutes supplémentaires avant de se rendre.

Des victimes marquées par les événements

Aujourd'hui, l'accusé reconnaît l'ensemble des faits qui lui sont reprochés. Il s'est d'ailleurs déjà excusé par lettre auprès de ses victimes. Ces dernières se sont succédé mardi matin à la barre pour confirmer leurs versions, mais aussi pour dire ce qu'elles ressentent un an après les événements. Leurs témoignages empreints d'émotions démontrent l'impact qu'a eu cette affaire sur leur vie. Plusieurs plaignants disent être devenus plus craintifs et sensibles aux bruits ou aux personnes qui se mettent en colère, d’autres ont dû changer d’emploi. Ils ne se sentent plus en sécurité dans certaines situations. L'un d'entre eux a aussi relevé la maladresse du geste du prévenu, deux mois après le massacre de Charlie Hebdo, ce qui a renforcé l'impact psychologique. La plupart des victimes disent avoir pensé qu'elles allaient mourir ce jour-là, même si elles reconnaissent que le prévenu n'a jamais pointé son arme sur elles.

Il voulait se faire entendre

« Je voulais faire du bruit pour que l’on m’écoute » : c’est par ces termes que l’accusé a expliqué son geste. Il s’est exprimé mardi après-midi devant les juges du tribunal de Moutier ainsi que les 11 plaignants présents.

Le prévenu âgé de 19 ans au moment des faits a répondu avec calme aux questions qui lui étaient posées. Le jour du drame, il a pété un plomb de la mauvaise manière, selon ses propres termes. Beaucoup de choses n’allaient pas dans sa vie, les dettes s’accumulaient, et il avait l’impression de ne plus rien contrôler.

Le prévenu présente sa version

Ce jour-là, il quitte son domicile avec un fusil de chasse avec pour objectif de se rendre aux services sociaux de Tavannes pour se faire entendre. Il explique avoir voulu dire son ras-le-bol de voir des personnes profiter de l’aide sociale alors qu’elles ne font rien de leur vie, pendant que des gens qui travaillent doivent se serrer la ceinture pour faire vivre leurs familles sans même pouvoir partir en vacances. Son acte visait les services publics en général. Le juge Gfeller n’a pas manqué de lui faire remarquer qu’il aurait pu prendre des casseroles, s’il souhaitait uniquement faire du bruit. A cette remarque, le jeune homme répond que le fusil est le premier objet qui lui est passé par la tête, et qu’il n’avait pas l’intention de tirer sur quelqu’un.

Réflexion intensive en détention

Après avoir passé 5 mois et demi en prison, le prévenu déclare avoir beaucoup réfléchi. Il a encore présenté ses excuses aux plaignants en les regardant dans les yeux et déclare vouloir penser désormais à son avenir. Il souhaite aussi indemniser ses victimes, même si sa situation actuelle ne le lui permet pas.

Accord civil

Mardi après-midi un accord a été trouvé sur le plan civil entre les deux parties, qui ont signé une convention. L’accusé devra s’acquitter de plus de 40'000 francs à verser aux plaignants. Ces derniers ont accepté de revoir leurs prétentions à la baisse et de renoncer aux intérêts sur les sommes qui leur sont dues.

Condamnation pénale à venir

En ce qui concerne le volet pénal de l’affaire, le verdict sera rendu mardi prochain. Les plaidoiries se tiendront quant à elle ce mercredi. /ast

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