Un incendie devant la justice 12 ans après

L’incendie de chez Climagel à Rossemaison refait surface… 12 ans après. Le prévenu a été jugé vendredi par le Tribunal pénal de première instance à Porrentruy. Il a été condamné à 15 mois de peine privative de liberté avec sursis. Il devra par ailleurs rembourser plusieurs dizaines de milliers de francs.

Rappel des faits

Le 27 novembre 2004, entre 21h et 22h, un incendie se déclare dans l’usine Climagel à Rossemaison. L’enquête conclut que le feu a été bouté à quatre endroits différents et que du matériel de frigoriste a été emporté. Sa valeur : plusieurs milliers de francs. Le prévenu, qui habite aujourd’hui à Calgary, au Canada, vivait à Delémont au moment des faits. Il a été arrêté le 1er mars 2016 à Francfort, en Allemagne. Les dégâts du sinistre indemnisés par l'assurance immobilière se montent à 87'000 francs. L’ECA Jura, qui a porté plainte, réclame aujourd’hui 134'000 francs, avec les intérêts.

« Je suis tombé des nues »

Lors de son audition, l’accusé a indiqué qu’il ne s’attendait pas du tout à être arrêté. Il a clamé haut et fort son innocence : « Je suis tombé des nues quand on m’a arrêté, je n’y suis pour rien », a-t-il martelé devant la Cour, avant de sécher quelques larmes en fin d’audience. Il a affirmé qu’il ne « supporte pas de vivre en prison ». Il a fait des crises et a même dû être amené à l’hôpital. Lorsque le juge, Pascal Chappuis, lui a exposé les faits qui lui sont reprochés, l’homme s'est braqué. Mais dans ses explications, il a manqué parfois de précision et s’est emmêlé les pinceaux, la faute, selon lui, au poids des années écoulées depuis 2004.

Un bûcher au centre des débats

Plusieurs éléments ont été avancés par le Ministère public. Le procureur a indiqué que le prévenu n’était pas chez lui au moment de l’incendie et qu’il a quitté l’entreprise victime du sinistre deux jours après les faits. Deuxièmement, selon des témoins, l’accusé aurait été en conflit avec un de ses collègues. Troisièmement, les objets volés à hauteur de plusieurs milliers de francs dans l’entreprise ont été retrouvés dans un bûcher attenant à l’immeuble dans lequel le prévenu vivait en 2004. Dans sa plaidoirie, l’avocat de la Défense a affirmé que les conclusions du procureur reposaient sur des hypothèses et que nulle preuve n’accablait formellement son client. Il a ajouté que le doute devait profiter au prévenu et que le juge devait impérativement « poser sur la table la dictature des apparences ».

La chronologie des faits déterminante

Le juge Pascal Chappuis s’est appuyé sur la chronologie des faits pour prononcer son jugement. Dès que l’accusé a su que la police avait perquisitionné son domicile deux jours après les faits et qu'il était recherché, il a cherché à vendre le matériel volé. Il a aussi quitté son travail dans la foulée et a fui pour ne jamais réapparaître, selon le juge. /mle

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