Un septuagénaire accusé de viol sur une adolescente

Un homme accusé de plusieurs viols sur une enfant devant la justice. L'individu d'une septantaine d'années a comparu mardi devant le Tribunal pénal de Porrentruy. Le prévenu est accusé d’actes d'ordre sexuel avec un enfant, contrainte sexuelle et viol. Les infractions se seraient produites à trois reprises alors que la plaignante, la petite-fille de son épouse, avait entre 11 et 15 ans.

« Ce n'est pas vrai, je n'ai rien fait ». Le prévenu a contesté catégoriquement tous les faits. Il aurait, une première fois, glissé sa main sous le maillot de bain de la plaignante alors âgé d'une dizaine d'années lors de la communion de son grand frère en 1999. L’Ajoulot de 72 ans aurait également tenté d'embrasser l'adolescente sur la bouche et l'aurait violé alors que ses parents étaient en voyage. Plus tard, alors que la victime fêtait ses 15 ans, en 2003, le prévenu serait entré dans sa chambre lorsqu'elle se changeait. Il l'aurait ensuite obligé à enlever sa culotte et à se toucher avant de l'abuser sexuellement. La plaignante, âgée aujourd'hui d'une trentaine d'années, a semblé très émue lors de son audition. En pleurs, elle a eu du mal à répondre aux questions de la Cour pénale, présidée par Corinne Suter. Une attitude que la présidente a relevée : « Ce que vous dénoncez est grave, si vous ne répondez pas, cela a aussi une signification ».

Deux versions contradictoires à juger

Une parole contre une autre : la cour pourra uniquement se baser sur les versions contradictoires du prévenu et de la plaignante pour trancher. Sans preuve tangible, le Ministère public et la partie plaignante se sont, par exemple, basés sur le quinzième anniversaire de la jeune femme durant lequel le prévenu l’aurait violé. Elle serait montée dans sa chambre pour essayer un pyjama vert reçu pour sa fête. L’accusé l’aurait suivi et lui aurait demandé d’enlever sa culotte et de se toucher. Il l’aurait ensuite violé. La défense rétorque que personne ne se souvient de ce pyjama vert et qu’il y avait beaucoup de monde à la fête, l’absence des deux personnes se serait remarquée. La partie plaignante demande si chacun se souvient de ce qu’il a reçu ou de ce qu’une autre personne a reçu à ses 15 ans et que le fait que la plaignante s’en rappelle prouve qu’elle a été fortement marquée. Selon Maître Stéphanie Lang, « on n’invente pas un pyjama vert comme cela ».

Dans son réquisitoire, le Ministère public a également critiqué la manière de tout nier en bloc du prévenu. Celui-ci a systématiquement contesté les accusations, sans donner d’explication crédible. La procureure Laurie Roth croit par contre la victime qui a, selon elle, donné un récit cohérent mêlé de détails et de ressenti qui donne une crédibilité à sa version des faits. Elle demande une arrestation immédiate de l’accusé et quatre ans de peine privative de liberté. La partie plaignante, représentée par Maître Stéphanie Lang, a appuyé ces arguments en assénant qu’une seule histoire est vraie et que le récit de sa cliente, âgée de trente ans aujourd’hui, est sans contradiction. Elle ajoute que les faits ont eu des conséquences désastreuses sur la jeune femme qui a été hospitalisée pour dépression suite à un stress post-traumatique. Elle demande, en plus de la prison, une indemnité pour tort moral de 20'000 francs. Du côté de la défense, Maître Hubert Theurillat a pointé du doigt un dossier d’accusation vide et lacunaire. Pour condamner son client, il estime qu’il ne faut pas avoir de doutes sur les faits et qu’il y en a : « Il n’y a pas d’éléments pour démontrer les infractions de son client ». Le doute est suffisant selon lui pour libérer l’accusé. Il demande également 7'500 francs d’indemnité pour tort moral.

Le Tribunal pénal, présidée par Corinne Suter, tranchera demain après-midi. /lbr

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