Des coûts en hausse pour l’aide sociale aux réfugiés

Julien Cattin Zoom sur « Julien Cattin » (touche ESC pour fermer)
Julien Cattin, chef ad intérim de l’action sociale dans le Jura, doit faire face à une hausse importante des coûts de l’aide sociale dans le domaine de l’asile.

Les coûts de l’aide sociale aux réfugiés prennent l’ascenseur dans le Jura. Le Gouvernement a publié récemment des chiffres sur le sujet en réponse à une Question écrite de Didier Spies. L’élu UDC de Courroux s’interrogeait principalement sur la situation des réfugiés qui résident depuis plus de cinq ans dans le Jura ainsi que de celle des personnes admises provisoirement depuis plus de sept ans. La Confédération ne verse plus d’aide financière à ces deux catégories pour financer les coûts de l’aide sociale et les frais sont entièrement à la charge du canton et des communes.

Davantage de cas et davantage de frais

Premier constat : le nombre de réfugiés qui résident depuis plus de 5 ans dans le Jura ainsi que celui des personnes admises provisoirement depuis plus de sept ans ne cesse d’augmenter. En cause : les vagues migratoires et des modifications du droit fédéral dans ce domaine.

Pour la première catégorie, le nombre est passé de 19 à 2013 à 69 en 2015 et les projections pour 2017 se fixent à 140. Idem pour le second groupe qui se situait à 55 personnes en 2013 contre 68 en 2015 avec une prévision de 85 en 2017. Le corollaire, c’est bien sûr l’augmentation des coûts de l’aide sociale. Ils se montaient à 103'600 francs en 2013 et à 473'000 francs en 2015 pour les réfugiés depuis plus de cinq ans. La somme pourrait donc atteindre près de 960'000 francs par an en 2017. Concernant les personnes admises provisoirement depuis plus de sept ans, les frais se fixent à 378'000 francs en 2013, 661'000 francs en 2015 et pourraient se situer à plus de 826'000 francs en 2017. Au total, les coûts pourraient ainsi passer de 482'000 francs à plus de 1,8 million de francs, entre 2013 et l'année prochaine.

Un Röstigraben dans l’accès à l’emploi

Le député Didier Spies s’interrogeait également sur le nombre de ces réfugiés qui occupent une activité professionnelle. La moyenne suisse atteint 30% contre 55% à Obwald, par exemple, et seulement 17% dans le Jura. Le chef de l’action sociale dans le canton du Jura souligne la différence entre la Suisse alémanique et la Suisse romande dans la manière de faire accéder ces personnes à un emploi.

Le chef ad intérim de l’aide sociale dans le Jura, Julien Cattin, souligne que la partie francophone du pays table davantage sur « une approche à long terme via une intégration durable, avec une formation adéquate ». La Suisse alémanique privilégie plutôt « un emploi immédiat dans des activités souvent peu rémunérées et sans forcément miser sur une qualification des personnes ». Pour Julien Cattin, la méthode romande est « peut-être plus coûteuse à court terme mais peut être plus rentable à long terme ». Il précise toutefois qu’il n’existe « aucune certitude dans ce domaine ». Le canton du Jura mise ainsi sur une intégration plus durable dans le marché du travail pour réduire les coûts liés à l’aide sociale. Les mesures seront également renforcées autant que possible, indique Julien Cattin, dans les limites financières de l’Etat.

Un problème national

La situation préoccupe également d’autres cantons. La Conférence des directeurs cantonaux des finances et son homologue des affaires sociales ont lancé des démarches auprès de la Confédération pour que la Berne fédérale augmente et prolonge la durée des forfaits versés pour financer l’aide sociale des réfugiés de plus de cinq ans et des personnes admises provisoirement depuis plus de sept ans. Autre espoir : la nouvelle loi fédérale sur l’asile acceptée en votation le 5 juin. Le texte devrait entrer en vigueur en 2018 ou 2019 et devrait permettre d’accélérer les procédures. /fco

Partager
Link
Météo