La tourbière de la Gruère entame sa mue

La revitalisation de la tourbière de la Gruère, dans les Franches-Montagnes, entre dans sa phase concrète. Un projet ambitieux a démarré pour assurer la conservation et la régénération de ce site classé d’importance nationale, situé en réserve naturelle.

Une première phase de travaux est prévue jusqu’en 2017 : la construction de digues en bois pour contenir et redistribuer l’eau dans le système. Une deuxième étape – qui sera réalisée sur plusieurs années – consistera à combler les drains avec des matériaux organiques. Le coût total de ce projet de revitalisation se situera entre 2 et 3 millions de francs. Le million nécessaire pour la première phase est assuré par une enveloppe fédérale affectée aux compensations forestières liées à la construction de l’A16. Pour les travaux de la deuxième phase, le financement reste à déterminer. Les autorités jurassiennes tablent sur une participation de la Confédération à hauteur de 65%.

« Le projet le plus important »

La revitalisation de la tourbière de la Gruère concerne une surface de 17 hectares. « Ce projet est le plus important depuis l’entrée en souveraineté », a déclaré Laurent Gogniat, le responsable du Domaine Nature à l’Office de l’environnement. « Le potentiel du site est impressionnant. Il s’agit de la plus belle tourbière de Suisse ». Le site a été victime d’assèchement, puisqu’un drainage important a été effectué depuis le 17e siècle. On a du coup observé une nette augmentation du taux de boisement et une érosion des espèces floristiques. Les couches superficielles de tourbe se sont par ailleurs minéralisées au contact de l’air. « Il y a eu une régression de la biodiversité. On l’a constaté sur des espèces animales et végétales typiques. Nous avons déjà entrepris une opération de déboisement pour effectuer les travaux futurs. Il s’agira désormais d’humidifier à nouveau la zone. Nous allons ainsi devoir combler 10'000 mètres cube de drains. Un autre enjeu consiste à réduire les émissions de CO2 sur le site », explique Louis Roulet, collaborateur scientifique à l’Office de l’environnement.

Pas de conséquences pour l’étang

Les canaux existant aujourd’hui alimentent l’étang de la Gruère. Que va-t-il se passer lorsque ceux-ci seront comblés ? « Lorsque l’éponge de la tourbière sera remouillée – ce qui peut se produire rapidement – l’eau ruissellera en surface et arrivera de nouveau à l’étang. Cette eau y arrivera simplement plus lentement. On aura un flux plus régulier, plus lent, et qui fera qu’on aura moins de pertes par débordement. On ne devrait pas avoir de changements significatifs dans les fluctuations du niveau de l’étang », rassure Philippe Grosvernier, du Bureau Lin’ECO, mandaté pour la planification et le suivi du chantier.

L’Etat jurassien avait engagé en 2014 une première étape « test » de travaux dans la tourbière. Les très bons résultats obtenus lors de cette phase expérimentale et l’aboutissement de l’étude permettent au canton de démarrer le projet de revitalisation de l’ensemble du massif tourbeux. /rch + comm.

Laurent Gogniat, responsable du Domaine Nature à l’Office de l’environnement était en direct dans notre édition de 18h avec Raphaël Chalverat.

La tourbière de la Gruère pourra-t-elle retrouver son aspect d’origine ? La réponse de Philippe Grosvernier, du Bureau Lin’ECO, mandaté pour la planification et le suivi du chantier.

(Sons disponibles uniquement depuis la version classique du site.)

Partager
Link
Météo