Le combat contre la géothermie profonde se matérialise

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Jack Aubry (ici au centre) et le comité de Citoyens Responsables Jura sont venus présenter leurs arguments mardi devant la presse.

La géothermie profonde est désormais combattue à coups d’arguments. Le comité de l’association Citoyens Responsables Jura a planché sur le projet de géothermie profonde qui pourrait voir le jour à Glovelier. Il a livré ses résultats mardi. Il s’est également appuyé sur l’avis de plusieurs spécialistes dans différents domaines pour réaliser un dossier complet, qui met en exergue tous les points négatifs liés à la construction d’une centrale géothermique dans le Jura. En parallèle, l’association annonce que sa récolte de signature en faveur de l’initiative cantonale « contre la géothermie profonde dans le Jura » va bon train. Le comité espère qu’une votation aura lieu, tout en révélant que ses moyens financiers sont limités.

La comparaison avec Bâle : infondée, selon le comité

Le président de l’association, Jack Aubry, a avancé divers arguments qui mettent en cause la crédibilité du projet de géothermie profonde dans le Jura. Il affirme que les promoteurs veulent se baser sur l’expérience ratée de Bâle pour ne pas commettre les mêmes erreurs dans le Jura. Pour rappel, la construction d’une centrale géothermique avait provoqué un séisme d’une magnitude de 3,4 sur l’échelle de Richter, ce qui avait engendré des dégâts matériels à hauteur de 10'000'000 de francs dans la cité rhénane, d'après Jack Aubry. Selon le président de l’association, « on veut nous faire croire à un nouveau concept de multi-fissures, qui serait moins dangereux, mais c’est faux ». Jack Aubry affirme que 12'000 m3 d'eau avaient été injectés en six jours à Bâle. Selon lui, à Glovelier, cela ne prendrait que trois jours. En tout et pour tout, pour la fracturation hydraulique, il est prévu d'utiliser 400'000'000 de litres d'eau pour cette centrale. Elle serait puisée dans le Tabeillon, selon Jack Aubry, et, s'il y a un manque, les promoteurs le comblerait avec de l'eau potable que nous avons en réserve.

Des risques de pollution

Jack Aubry se révolte contre cette utilisation massive de l’eau à Glovelier, une eau qui serait prise dans le Tabeillon. Seul hic, selon le président de Citoyens Responsables Jura, le cours d’eau est souvent à sec et les promoteurs projettent de puiser dans les réserves d’eau potable en cas de besoin. Jack Aubry ajoute qu’il existe un grand risque de pollution de l’air et des sols, notamment à cause des bassins qui se situeront à côté de la centrale et qui pourraient stocker des éléments radioactifs. Les nappes phréatiques pourraient, d’après lui, également souffrir.

De vrais risques sismiques

« Il y aura de toute façon des séismes », clame haut et fort Jack Aubry, qui se base sur des recherches de l’Académie suisse des sciences. Il renchérit en affirmant que le plan spécial révèle aussi des risques de dégâts. « Les Jurassiens sont des cobayes. Ça  se voit, on est une terre d’expérimentation pour les promoteurs. En lisant le plan spécial, on remarque que Géo-Energie Suisse, le promoteur, manque de certitudes », peste-t-il.

Interrogation sur les réels intérêts du promoteur

L’entêtement des promoteurs qui veulent impérativement mener à bien leur projet dans le Jura laisse planer les doutes, selon le président de l’association qui se bat contre l’implantation de la centrale géothermique à Haute-Sorne. « Ils sont prêts à investir 100 millions de francs chez nous. On peut se demander pourquoi... et surtout pourquoi chez nous et pas ailleurs », prétend Jack Aubry. Ce d'autant plus que deux autres projets sont envisagés, à Delémont et à Porrentruy.

Le président de l’association espère faire du bruit avec son intervention médiatique. Il souhaite vivement que les parlementaires mettent leur nez dans son travail. Ce dernier est d’ailleurs disponible sur www.crjsuisse.ch. /mle

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