« La Tuile » une nouvelle fois condamnée

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La Tuile

« La Tuile » a été condamnée par la justice jurassienne. Le rédacteur en chef du journal satirique, Pierre-André Marchand, a écopé de 30 jours-amende à 100 francs avec sursis pendant trois ans. Le verdict a été donné vendredi, en fin de matinée, par la juge pénale, Marjorie Noirat. Le sursis prononcé en 2013 a par ailleurs été révoqué. Pierre-André Marchand a été reconnu coupable d’injures à l’encontre de la conseillère nationale vaudoise, Isabelle Chevalley, qui soutient l’implantation d’éoliennes.

Comme un air de déjà-vu

Isabelle Chevalley et Pierre-André Marchand s’étaient déjà fait face devant la Cour bruntrutaine. En 2013, le rédacteur en chef du journal satirique avait déjà été condamné à des jours-amende avec sursis, déjà pour injures. La conseillère nationale vaudoise se dit touchée par des allégations et des images qui affectent sa personne. « On sort des sentiers politiques », a d’ailleurs clamé son avocat en se basant sur les exemples de termes utilisés par Pierre-André Marchand.

Après la condamnation de l’homme fort de « la Tuile » en 2013, l'avocat de la partie plaignante parle désormais « d’acharnement ». Ces termes utilisés, ainsi que des illustrations à connotation sexuelle publiée dans le journal, « portent préjudice à l’honneur de ma cliente », s’est exclamé l’avocat de la partie plaignante. Le fait qu’elle soit accusée d’escroquerie ternit sa réputation professionnelle, toujours selon l’avocat vaudois.

L’avocat de Pierre-André Marchand, qui a plaidé pour l’acquittement de son client, a quant à lui souligné que les termes utilisés pouvaient aussi être interprétés pour faire référence aux idées de la conseillère nationale vaudoise. Il a ajouté que son client n’a fait que défendre ses valeurs, celles d'un homme qui se bat pour le Jura. Le rédacteur en chef de « la Tuile » a abondé en ce sens en affirmant qu’il « aime son pays et que ce dernier est agressé par les éoliennes », chères à la politicienne vaudoise. « Je ne regrette pas », a affirmé Pierre-André Marchand, soutenu par une trentaine de personnes présentes dans le public.

« La satire ne fait pas toujours rire »

Si la défense a affirmé que Pierre-André Marchand défend ses terres avec l’humour du satiriste et qu’il divertit, la juge, Marjorie Noirat, n’a pas partagé cet avis. Au moment de rendre son verdict, elle a estimé que « la satire ne fait pas toujours rire ». Elle a ajouté que les insultes proférées par l’écrivain étaient remplies de mépris et que les mots choisis étaient « inutilement blessants ». Elle a conclu en citant le poète polonais Stanislaw Jerzy Lec, à qui on doit cette citation : « Les satiristes devraient aiguiser leur langue sur la pierre de la sagesse ». /mle

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