Le chômage partiel a doublé en deux ans dans le Jura

Moins d’une vingtaine d’entreprises y recouraient en 2014. Elles sont désormais une quarantaine à user du chômage partiel face aux baisses des carnets de commande. Une hausse qui suit la tendance nationale puisque la réduction des horaires de travail a triplé ces deux dernières années. 7300 salariés sont au chômage partiel en Suisse, dont 1000 dans le seul Arc jurassien, particulièrement affecté. « Notre industrie est orientée vers l'horlogerie donc l’exportation et la sous-traitance, elle est donc plus sensible aux difficultés conjoncturelles actuelles. Et puis nos entreprises sont plus petites que dans d’autres régions », note Nicolas Ackermann, chef de l'observatoire des mesures du marché du travail pour le Jura.

"Pourvu que cela ne dure pas..."

Pour autant, le canton n’y voit pas une situation alarmante. « En un sens c’est positif car cela montre que les entreprises utilisent cet outil pour éviter les licenciements. Cela leur évite de se séparer définitivement de leur personnel », analyse Nicolas Ackermann. « C’est effectivement une variable d’ajustement intéressante », confie Pierre Rom, directeur de l’entreprise Métafil laGirolle à Lajoux qui recourt au chômage partiel presque un jour et demi par semaine. « Mais tout dépend de la durée de la crise. Il faut utiliser le chômage partiel quand on ne peut pas faire autrement, dans les mauvaises périodes, pourvu que cela ne dure pas trop longtemps. Le problème c’est que les bonnes périodes se font de plus en plus rares », s’inquiète ce chef d’entreprise. Selon le canton le total des heures de travail perdues et indemnisées par l’assurance-chômage équivaut à 200 postes de travail à plein temps sur les quelques 15‘000 emplois que compte l’industrie jurassienne. /jpi

Pierre Rom, chef d'entreprise à Lajoux, explique le recours au chômage partiel

Partager
Link
Météo