Un procès gargantuesque contre Monsanto

Crime d’écocide, atteinte au droit à l’alimentation et à la santé ou encore complicité de crimes de guerre. Ce sont les charges imputées au géant de l’agroalimentaire américain Monsanto. La firme internationale sera jugée du 14 au 16 octobre à La Haye, aux Pays-Bas, dans le cadre du « Tribunal Monsanto ». Ce procès citoyen sera, certes, symbolique mais doit avoir un réel impact.

Raymond Gétaz est membre du Forum civique européen et vit au sein de la communauté Longo Mai à Undervelier. Il va se rendre à ce tribunal en compagnie de trois autres Jurassiens. Raymond Gétaz explique que la Cour sera composée de juges professionnels et que les recommandations qu’ils vont rendre auront une force juridique. Elles pourront être utilisées par les victimes de Monsanto dans les pays où ils vivent. « Il n’y a pour l’instant eu aucun procès contre une multinationale qui a commis ce genre de crimes », précise Raymond Gétaz. Les conclusions de ce tribunal feront donc jurisprudence et leurs conséquences à long terme risquent d’être importantes.

Jugé pour écocide

Lors de ce procès civique, trente témoins seront auditionnés alors que plus de 770 associations du monde entier soutiennent la mise en place de ce tribunal. Son écho devrait résonner dans tous les coins de la planète. Un des termes qui va d'ailleurs être le plus entendu sera sans doute « écocide » qui désigne l’acte destruction ou d'endommagement important d'un écosystème. « Pour l’instant, le terme n’existe pas juridiquement mais beaucoup d’organisations ont demandé à l’intégrer dans les crimes contre l’humanité », explique Raymond Gétaz. Toutefois, la lutte reste encore longue, selon lui : « L’influence des multinationales est prépondérante sur l’agriculture, sur les Etats ainsi que sur les législations sur les semences ! Elles contrôlent toute l’alimentation et en font du profit ». /lbr

Toutes les informations sur le Tribunal Monsanto ici.

Partager
Link
Météo