Le Jura s'organise pour les chômeurs en fin de droit

La révision de l’assurance chômage va coûter 2'500'000 francs au canton et aux communes du Jura. Le peuple suisse avait accepté en septembre dernier cette nouvelle mouture, qui réduit les prestations liées au chômage. Le peuple jurassien, lui, s’était massivement opposé à cet objet. C’est l’une des raisons qui ont poussé le gouvernement (ici les ministres de l'économie, Michel Probst, et des affaires sociales, Michel Thentz) à imaginer des mesures pour venir en aide à ceux qui seront directement touchés par la révision.
 
 
Le canton mise sur la réinsertion et la formation
 
Dès le 1er avril, de nombreux chômeurs se retrouveront en fin de droit – quelque 300, selon les projections cantonales, en plus des 250 arrivés en fin de droit entre janvier et mars 2011.
Les décisions prises sont intégrées dans la Loi sur les mesures cantonales en faveur des demandeurs d’emploi (LMDE). Elles portent en particulier sur l’amélioration de l’allocation d’initiation au travail (AIT). En clair, il s’agit de soutenir financièrement une entreprise en vue d’un emploi. Sur une année, l’employeur perçoit ainsi l’équivalent de 40% du salaire accordé. Le gouvernement entend promouvoir activement cette mesure auprès des demandeurs d’emploi et des entreprises.
 
 
Les POC moins longs mais plus nombreux
 
Déjà existants, les programmes d’occupation cantonaux (POC) constituent un autre élément de la stratégie cantonale. Elément qui va subir des modifications dès le 1er avril; alors qu’à ce jour, les POC sont octroyés pour 6 mois et prolongeables jusqu’à 12 mois pour les seniors, ils seront à l’avenir limités à 4 mois, afin d’être accessibles à un plus grand nombre de personnes. Le potentiel de 145 places sera entièrement exploité, et 20 nouvelles places axées sur la formation verront le jour au sein d’EFEJ.
 
 
Par ailleurs, le gouvernement entend évaluer de manière continue le dispositif et la situation de ceux qui en bénéficient, de même qu’engager un processus de révision de la LMDE. Ces décisions gonflent de plus de 1 million le montant alloué aux mesures cantonales en faveur des demandeurs d’emploi. Le budget prévoyait 5'400'000 francs pour ce poste, qui passe désormais à 6'450'000. La différence est financée paritairement par l’Etat et les communes.
 
 
L’aide sociale prête à faire face
 
Si les autorités misent sur la formation et la réinsertion, cela ne fonctionnera certainement pas pour tout le monde. En dernier recours, les personnes en fin de droit devront donc se tourner vers l’aide sociale. A l’heure actuelle, environ 900 dossiers sont gérés annuellement, ce qui représente 1400 personnes (un dossier équivaut à un ménage, qui peut compter plusieurs personnes). Les services cantonaux attendent entre 100 et 150 dossiers supplémentaires, à cause de l’entrée en vigueur de la révision de l’assurance chômage. A cet effet, le budget de l’aide sociale augmente également. Des dépenses supplémentaires sont prévues, à hauteur de 1'100'000 francs, à quoi s’ajoutent 400'000 francs pour renforcer les postes de travail au sein du service de l’action sociale. L’Etat prend en charge 72% de cette somme, les communes 28%.
 
Au total, les mesures prévues pour favoriser la formation et la réinsertion, ainsi que les charges supplémentaires estimées pour l’aide sociale représentent donc un investissement de 2'500'000 francs pour le canton du Jura. Il s’agit là d’un report de charges de la Confédération vers les cantons. /lbe
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